Assemblée nationale : La dissolution de la 15e législature annoncée
Le ministre du Commerce, Serigne Guèye Diop, a annoncé dimanche la dissolution prochaine de l’Assemblée nationale, une mesure qu’il justifie par le « sabotage » systématique de l’action présidentielle par la majorité parlementaire actuelle.
Cette décision, qui respectera le délai constitutionnel de deux ans après le scrutin de novembre 2024, acte la rupture définitive au sommet de l’État entre le président Bassirou Diomaye Faye et le chef du Parlement, Ousmane Sonko.
Évoquant notamment le rejet de la loi de finances rectificative comme symbole de cette paralysie, le ministre a précisé que cette décision respectera scrupuleusement le calendrier constitutionnel, survenant deux ans après les législatives du 17 novembre 2024.
Devant ses militants, il a lancé un appel direct à la mobilisation en affirmant que « ce sera la guerre comme à la guerre » pour préparer les troupes à la bataille électorale.
Ce scrutin anticipé doit permettre au pouvoir de conquérir une majorité franche afin d’appliquer son programme, tandis que Serigne Guèye Diop a invité son mouvement à la patience en perspective des opportunités de gouvernance à l’horizon 2027.
Cette crise met en lumière une rupture historique au sommet de l’État, marquée par la confrontation ouverte entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko. Ce duel politique redessine complètement l’équilibre des forces au sein de la 15e législature, dont la configuration est devenue inédite.
À la suite de ce basculement, le camp présidentiel initial s’est profondément divisé, bouleversant les notions traditionnelles de majorité et d’opposition au Parlement.
Désormais, le groupe PASTEF, solidement dirigé par Ousmane Sonko, s’impose comme le bloc hégémonique de l’hémicycle avec 130 députés.
L’ancien Premier ministre a repris son siège parlementaire avant d’être porté à la présidence de l’institution le 26 mai 2026, malgré les contestations et le boycott de l’opposition.
Face à lui, le parti Kiiraay et ses alliés, soutenu par le président Bassirou Diomaye Faye, incarne la rupture entre le chef de l’État et son ancien parti.
Ce dernier s’appuie désormais sur sa propre formation, tandis que ses partisans et députés affiliés s’efforcent de défendre la ligne de l’exécutif présidentiel.
Au milieu de ce bras de fer, le reste de l’opposition, représenté par les coalitions historiques comme Takku Wallu avec ses 16 députés, Jamm ak Njarin qui en compte 7, et Samm Sa Kaddu avec 3 élus, assiste en spectateur au duel acharné qui oppose ces deux anciens alliés.



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