Ajustement des prix des carburants : ce que l’État continue de prendre en charge pour protéger les Sénégalais

Plutôt que de répercuter intégralement la flambée des prix liée au conflit
déclenché au Moyen-Orient le 28 février 2026, le Gouvernement a fait le choix
de protéger le pouvoir d’achat des Sénégalais en ramenant simplement les prix
des carburants à leur niveau d’avant la baisse du 6 décembre 2025.

Pas une hausse, mais un bouclier
Ce n’est pas une nouvelle augmentation des prix des carburants. Il s’agit d’un
ajustement partiel, limité et protecteur. En maintenant les subventions sur chaque
litre de carburant consommé au Sénégal, l’État continue de porter l’essentiel du
poids.
Les subventions au secteur aval des hydrocarbures depuis le début de l’année 2026
sont évaluées à plus de 245 milliards de FCFA. Le litre de supercarburant vendu à
990 FCFA à la pompe coûte réellement 1 019 FCFA, soit 29 FCFA de subventions.
Pour le gasoil, le prix d’importation est de 1 044 FCFA le litre, contre 755 FCFA à la
pompe, soit 289 FCFA de subventions. Ainsi, à chaque plein, c’est l’État qui prend en
charge l’écart.
Le Sénégal a résisté plus longtemps que les autres pays
Alors que la Côte d’Ivoire, le Mali, le Burkina Faso, l’Inde ou la Chine avaient revu à
la hausse leurs prix, le Gouvernement du Sénégal a tenu. Il a retardé sa décision,
autant que la soutenabilité budgétaire le permettait. Cette décision a permis de
maintenir les prix sénégalais, en particulier celui du gasoil, parmi les moins élevés de
la sous-région ouest-africaine.
Ce que l’ajustement permet de gagner
Le maintien des prix aurait exigé, du 15 août au 12 septembre 2026, des subventions
supplémentaires d’environ 47,27 milliards de FCFA. L’ajustement permet ainsi
d’alléger la charge d’environ 9,7 milliards de FCFA sur cette même période.
Sans cet ajustement, le niveau des subventions au secteur de l’énergie est projeté à
1 069 milliards de FCFA sur toute l’année 2026, contre 250 milliards de FCFA
dans le budget voté par l’Assemblée nationale. C’est autant de ressources en moins
pour l’école, la santé, l’agriculture et le soutien aux ménages les plus vulnérables. En
ajustant, l’État préserve sa capacité à tenir ses engagements dans les secteurs
sociaux essentiels.

Des mesures sociales renforcées
Au-delà des prix, le Gouvernement table sur le renforcement de la riposte sociale.
Les filets sociaux, notamment la Bourse nationale de Sécurité familiale et l’ensemble

des mécanismes de protection sociale des couches défavorisées, continueront d’être
mobilisés et renforcés pour sauvegarder le pouvoir d’achat des ménages.
L’approvisionnement du marché demeure garanti
Le Gouvernement garantit la sécurité et la continuité de l’approvisionnement du
marché national en produits pétroliers. Il assure une veille permanente sur l’évolution
des marchés internationaux, afin d’adapter, le cas échéant, le dispositif de fixation
des prix, dans le souci de préserver à la fois les intérêts des consommateurs, la
viabilité du secteur et l’équilibre de l’économie nationale.
Chronologie des faits et des annonces
Le 6 décembre 2025, le Gouvernement a décidé de baisser les prix des carburants
automobiles (le supercarburant à 920 FCFA et le gasoil à 680 FCFA).
Entre décembre 2025 et août 2026, malgré la dégradation continue du marché
pétrolier mondial, le Sénégal a maintenu ses prix inchangés, en absorbant le surcoût
par la subvention publique.
Le 28 février 2026, le conflit se déclenche au Moyen-Orient. Les cours mondiaux du
pétrole et les coûts d’acheminement entament une hausse continue.
Le 6 mai 2026, en Conseil des ministres, le Premier ministre d’alors alerte sur
l’instabilité profonde au Moyen-Orient et la forte tension sur les marchés pétroliers, et
annonce le renforcement de la doctrine énergétique nationale.
Le 22 mai 2026, devant l’Assemblée nationale, en séance des questions d’actualité,
le Premier ministre d’alors indique que l’hypothèse d’une hausse des prix ne peut
plus être écartée, rappelle que le budget a été bâti sur un baril dont le cours a
doublé, et chiffre la trajectoire des subventions à plus de 1 000 milliards de FCFA en
l’absence de mesure, dans un budget d’environ 5 000 milliards de FCFA.
Début août 2026, le baril de pétrole atteint environ 88 dollars, contre 64 dollars
prévus dans la programmation budgétaire. La Côte d’Ivoire relève ses prix à la
pompe.
Le 14 août 2026, le Gouvernement annonce l’ajustement des prix des carburants. Le
15 août 2026, les nouveaux prix entrent en vigueur, retrouvant leur niveau d’avant la
baisse du 6 décembre 2025.

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