Ralentissement de la croissance : La Banque mondiale prête à mobiliser plus de 56,5 mille milliards de FCFA

Le Groupe de la Banque mondiale est prêt à mobiliser jusqu’à cinquante-six mille neuf cent trente milliards six cent vingt-huit millions de francs CFA (100 milliards de dollars) en 15 mois pour soutenir les pays touchés, annonce l’institution financière mondiale dans un communiqué.

Le conflit au Moyen-Orient devrait ramener la croissance mondiale à son niveau le plus bas depuis le début de la pandémie de COVID-19, sur fond de flambée des prix de l’énergie, de regain de l’inflation et de renchérissement des coûts d’emprunt, selon les dernières Perspectives économiques mondiales du Groupe de la Banque mondiale.

« La croissance mondiale devrait ralentir à 2,5 % en 2026, contre 2,9 % en 2025. Pour deux tiers des économies du monde, les prévisions ont été revues à la baisse par rapport à celles établies au mois de janvier de cette année », lit-on.

« La croissance de l’économie mondiale devrait se redresser à 2,8 % en 2027, mais restera inférieure de 0,4 point de pourcentage à la moyenne enregistrée durant les années 2010 », indique les dernières Perspectives économiques mondiales du Groupe de la Banque mondiale, notant que plusieurs années de faible croissance ont mis un coup d’arrêt au processus de rattrapage des économies en développement sur les économies avancées.

Le rapport constate qu’en 2028 les économies en développement hors Chine et Inde auront collectivement traversé près d’une décennie sans réduire leur écart de revenu par habitant vis-à-vis des économies avancées.

Même enjeu pour tous

Selon le président du Groupe de la Banque mondiale, Ajay Banga, les pays en développement font face à une succession de chocs depuis une décennie. « Chaque pays est touché différemment, mais l’enjeu est le même pour tous : protéger les populations et préserver la stabilité aujourd’hui, sans hypothéquer la croissance et l’emploi de demain », a-t-il noté.

Il souligne que face au choc actuel, le groupe Banque mondiale fournit dès maintenant « des liquidités là où elles sont nécessaires ». Ajay Banga indique que le Groupe Banque mondial est prêt à « déployer des financements supplémentaires, ainsi que de nouvelles garanties et solutions pour le secteur privé si les pressions s’intensifient ».

Le rapport prévoit, avec la fermeture du détroit d’Ormuz a gravement perturbé les marchés de l’énergie, que le prix du pétrole Brent atteindra en moyenne 94 dollars le baril en 2026 (soit une hausse de 36 % par rapport à 2025), et ce en supposant que les perturbations les plus graves s’atténuent en juillet.

« Les prix des engrais devraient fortement augmenter cette année, avec des répercussions en cascade sur les prix alimentaires. Ces pressions conjuguées font remonter l’inflation mondiale, qui devrait s’établir à 4,0 % cette année, contre un taux de 3,3 % enregistré en 2025 », a souligné M. Banga.

Risques de détérioration

Relevant des risques de détérioration significatifs, il a indiqué que si les perturbations de l’approvisionnement énergétique s’avéraient plus graves que prévu et s’accompagnaient de tensions financières importantes, la croissance mondiale pourrait tomber à seulement 1,3 % en 2026, et l’inflation grimper à 4,4 %.

La croissance des économies en développement, qui avait atteint 4,4 % en 2025, devrait tomber cette année à 3,6 %, soit son niveau post-COVID le plus bas, avant de se redresser à 4,2 % en 2027, fait savoir Banga, soutenant que les économies du Golfe directement touchées par le conflit devraient être les plus durement affectées, leur croissance chutant de 3,9 % en 2025 à un niveau proche de zéro en 2026.

Le rapport table toutefois sur un rebond de la croissance autour de 5 % en 2027-2028, à la faveur de la reprise des échanges commerciaux et du lancement des dépenses de reconstruction.

« Le Groupe de la Banque mondiale s’attache à soutenir l’ensemble des pays en développement dans leur action face aux crises. En réponse au conflit au Moyen-Orient, il met immédiatement à disposition une enveloppe de 50 à 60 milliards de dollars par le biais d’instruments existants, dont 25 milliards de dollars de financements provenant de dispositifs préétablis », soutient la source.

« Ces fonds peuvent soutenir les filets de protection sociale en faveur des populations les plus vulnérables, renforcer les capacités budgétaires ou encore fournir des fonds de roulement et des liquidités aux entreprises et aux exploitations agricoles », insiste la Banque mondiale.

Il rappelle qu’à ce jour, « plus de 30 pays travaillent activement avec le Groupe de la Banque mondiale dans le cadre de ce plan d’intervention, afin d’améliorer leur état de préparation et assurer une riposte rapide à la crise ».

« En cas de conflit et de répercussions économiques prolongées, le Groupe de la Banque mondiale peut accroître son soutien à hauteur de 80 à 100 milliards de dollars sur 15 mois », assure-t-il.

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