Le gouvernement sénégalais engage le ciblage des subventions énergétiques

Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a annoncé mardi une réforme majeure des subventions énergétiques combinée à une gestion rigoureuse de la dette publique.

Lors d’une conférence de presse il a indiqué que cette stratégie vise à optimiser les ressources de l’État tout en corrigeant de profonds déséquilibres sociaux.

L’exécutif cible en priorité le système actuel des subventions à l’énergie, jugé « inefficace et injuste ». Selon les chiffres révélés par le ministre, « 65 % des subventions bénéficient à 20 % de la population la plus aisée ».

Face à ce constat, « le maintien d’une aide généralisée n’est plus envisageable ». « Le gouvernement va ainsi basculer vers un mécanisme ciblé pour garantir que les deniers publics soutiennent prioritairement les ménages les plus vulnérables », a-t-il souligné.

En plus de l’enjeu d’équité sociale, cette réforme doit impérativement protéger le budget national face à la volatilité des marchés mondiaux.

Les fluctuations du cours du pétrole brut exposent en effet l’État à des chocs financiers imprévisibles. « Pour des besoins de gestion et d’efficience budgétaires, il faut traiter les subventions de façon à ce qu’elles ne deviennent pas une charge insoutenable », a insisté Cheikh Diba.

Cette transition se fera sans rupture brutale pour les populations. Conformément au nouveau programme économique et financier conclu avec le Fonds monétaire international (FMI), la réduction du poids des subventions sera progressive. L’objectif final reste d’atteindre un seuil budgétaire raisonnable et soutenable à long terme.

Le ministre a enfin tenu à lever toute ambiguïté sur la nature de ces réformes, notant que bien que le coût des subventions influence directement le déficit et les besoins de financement de l’État, la restructuration des aides énergétiques et le plan de traitement de la dette souveraine constituent deux chantiers distincts.

« Le travail que nous faisons sur les subventions n’a absolument rien à voir avec le programme de traitement de la dette », a formellement clarifié Cheikh Diba.

 

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