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	<title>#FMI</title>
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		<title>*Fmi et finances publiques : Redresser le pays sans faire payer la crise aux Sénégalais*</title>
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		<dc:creator><![CDATA[koom sante]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Sep 2026 20:43:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITES]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[#abdoulayeWilane]]></category>
		<category><![CDATA[#FinancesPubliques]]></category>
		<category><![CDATA[#FMI]]></category>
		<category><![CDATA[#SénégalCrise]]></category>
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					<description><![CDATA[Il faut regarder la situation de notre pays telle qu’elle est, sans faux-fuyants mais aussi sans réécrire l’histoire. Les finances publiques du Sénégal sont sous forte contrainte. Le poids de la dette réduit considérablement les marges de manœuvre de l’État. Nous devons retrouver une situation qui permette à notre pays de financer son économie, ses [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Il faut regarder la situation de notre pays telle qu’elle est, sans faux-fuyants mais aussi sans réécrire l’histoire.</p>
<p>Les finances publiques du Sénégal sont sous forte contrainte. Le poids de la dette réduit considérablement les marges de manœuvre de l’État. Nous devons retrouver une situation qui permette à notre pays de financer son économie, ses services publics et son développement dans de meilleures conditions.</p>
<p>Le reconnaître ne vaut quitus pour personne.</p>
<p>Cela ne signifie pas davantage que nous partageons la politique économique conduite depuis l’alternance. Après plus de deux années au pouvoir, le Gouvernement doit répondre de ses propres choix, de ses hésitations, des retards accumulés et des conséquences qu’ils ont produites.</p>
<p>Nous l’avons dit après la Déclaration de politique générale : le temps du diagnostic ne peut pas durer indéfiniment. Certaines difficultés viennent de loin, d’autres se sont aggravées depuis l’alternance. Mais à un moment donné, gouverner consiste précisément à apporter des réponses aux problèmes du pays, et non à expliquer sans cesse pourquoi ils existent.</p>
<p>C’est dans cet esprit que nous regardons les discussions engagées avec le Fonds monétaire international.</p>
<p>La reprise de ce dialogue était devenue nécessaire compte tenu de la situation financière du Sénégal. Mais qu’on ne se méprenne pas sur notre position : un accord avec le FMI ne constitue ni une politique économique, ni un bilan, encore moins une victoire en soi.</p>
<p>Il faut maintenant regarder ce qu’il contient, ce qu’il implique et surtout ce qu’il coûtera réellement aux Sénégalais.</p>
<p>*2,2 MILLIARDS DE DOLLARS : PARLONS JUSTE*</p>
<p>Depuis l’annonce de l’accord technique avec le FMI, un chiffre revient beaucoup : 2,2 milliards de dollars.</p>
<p>Présenté ainsi, il peut donner le sentiment qu’une manne financière vient d’être mise à la disposition du Sénégal.</p>
<p>Ce n’est pas le cas.</p>
<p>Il s’agit d’un programme prévu sur trois ans. Les 2,2 milliards de dollars ne seront donc pas versés immédiatement dans les caisses de l’État. Le programme doit encore suivre les procédures du Fonds et les décaissements interviendront progressivement. C’est d’ailleurs ce qui ressort des précisions apportées sur le dispositif.</p>
<p>Disons-le simplement : 2,2 milliards annoncés ne signifient pas 2,2 milliards disponibles aujourd’hui.</p>
<p>Cette précision n’enlève rien à l’importance des financements dont le Sénégal a besoin. Elle évite seulement de transformer une étape dans un processus en résultat déjà acquis.</p>
<p>Après tout ce que notre pays a vécu ces derniers mois autour de ses finances publiques, la parole de l’État doit être précise. Les Sénégalais ont suffisamment entendu de chiffres. Ils ont maintenant besoin de savoir ce qu’ils signifient concrètement.</p>
<p>Et la vraie question commence précisément là.</p>
<p>Qui va supporter l’effort du redressement ?</p>
<p>*DERRIÈRE LES CHIFFRES, IL Y A LA VIE DES SÉNÉGALAIS*</p>
<p>Le FMI parle de mobilisation des recettes, de rationalisation des dépenses, de gestion de la dette, d’arriérés et de réforme de certaines subventions. Ce sont des expressions familières aux économistes et aux spécialistes des finances publiques.</p>
<p>Mais les Sénégalais ne vivent pas dans un tableau Excel.</p>
<p>Ils vivent avec un salaire qui doit tenir jusqu’à la fin du mois. Avec une facture d’électricité. Avec le transport, le loyer, les dépenses de santé, la scolarité des enfants et le panier de la ménagère.</p>
<p>Il y a aussi le commerçant qui cherche à maintenir son activité, l’artisan qui peine à trouver des débouchés, l’agriculteur confronté à ses charges, la petite entreprise qui se bat pour payer ses salariés.</p>
<p>Ceux d’entre nous qui exercent des responsabilités dans les collectivités territoriales rencontrent quotidiennement ces réalités. Derrière les grands équilibres dont nous débattons à Dakar, il y a des familles qui font déjà des arbitrages sur des dépenses essentielles.</p>
<p>C’est cela qu’il ne faut jamais oublier lorsqu’on parle de redressement.</p>
<p>Quand le Gouvernement annonce qu’il faut mobiliser davantage de recettes, qu’il dise clairement où il compte les trouver.</p>
<p>Quand il parle de rationalisation des dépenses, qu’il dise lesquelles.</p>
<p>Quand il envisage de revoir certaines subventions, qu’il explique auparavant qui sera touché et qui sera protégé.</p>
<p>Les Sénégalais ne doivent pas découvrir dans quelques mois, à travers une nouvelle taxe, une hausse de prix ou la disparition d’un mécanisme de soutien, ce que le redressement leur coûtera réellement.</p>
<p>Le Gouvernement doit présenter l’équation avant de présenter la facture.</p>
<p>*L’ÉTAT DOIT COMMENCER PAR LUI-MÊME*</p>
<p>Pour nous socialistes, le redressement des finances publiques ne peut pas être une affaire de chiffres seulement. Il pose immédiatement une question de justice.</p>
<p>Nous ne défendons pas l’immobilisme. Nous savons que certaines décisions peuvent être difficiles. Mais nous refusons que l’on prenne l’habitude de demander toujours davantage aux mêmes : aux salariés, aux retraités, aux classes moyennes, aux petites entreprises et aux familles qui supportent déjà l’essentiel des difficultés quotidiennes.</p>
<p>Et avant de demander de nouveaux sacrifices aux citoyens, l’État doit commencer par faire sa propre part.</p>
<p>Cela veut dire regarder sérieusement son train de vie. Cela veut dire s’attaquer aux dépenses improductives, aux doublons administratifs, au gaspillage et aux dépenses qui ne sont plus justifiables dans la situation actuelle.</p>
<p>Soyons également clairs sur ce point : le train de vie de l’État n’explique pas, à lui seul, les difficultés financières du Sénégal. Prétendre le contraire serait trop facile.</p>
<p>Mais un État qui demande des sacrifices à sa population doit commencer par être exemplaire dans sa propre dépense.</p>
<p>Les Sénégalais peuvent comprendre qu’un pays traverse une période difficile. Ce qu’ils accepteront beaucoup moins, c’est qu’on leur demande de se serrer davantage la ceinture sans leur montrer que ceux qui gouvernent font eux-mêmes les efforts qu’ils exigent des autres.</p>
<p>L’exemplarité n’est pas une formule. Dans une période comme celle-ci, elle devient une condition de la confiance.</p>
<p>*SUBVENTIONS : NE PAS CONFONDRE RÉFORME ET ABANDON*</p>
<p>La question des subventions énergétiques mérite également d’être abordée sans dogmatisme.</p>
<p>Certaines peuvent être coûteuses ou mal ciblées. Lorsqu’une aide publique profite davantage à ceux qui n’en ont pas besoin qu’aux ménages modestes, il est légitime d’en revoir le mécanisme.</p>
<p>Mais une réforme qui paraît parfaite dans un tableau peut produire des conséquences très différentes dans un ménage.</p>
<p>Si certaines subventions doivent être réformées, le Gouvernement doit donc dire avant toute décision qui sera protégé, selon quels critères et par quel mécanisme. C’était déjà une exigence centrale de notre analyse initiale.</p>
<p>Il ne suffit pas de supprimer une ligne de dépense pour dire que l’on a bien réformé.</p>
<p>Une bonne réforme doit permettre à l’État de dépenser mieux tout en protégeant mieux ceux qui en ont réellement besoin.</p>
<p>Sur l’électricité, le carburant et plus généralement sur les dépenses qui touchent directement au coût de la vie, nous serons particulièrement vigilants.</p>
<p>*LE FMI NE GOUVERNE PAS LE SÉNÉGAL*</p>
<p>Il y a enfin un point sur lequel je veux être très clair.</p>
<p>Qu’on ne vienne pas demain expliquer aux Sénégalais que telle taxe, telle hausse ou telle suppression de subvention aurait simplement été « imposée par le FMI ».</p>
<p>Nous connaissons trop bien cette vieille facilité.</p>
<p>Le FMI négocie avec le Sénégal. Il apporte des financements, formule des recommandations et pose des conditions dans le cadre des programmes qu’il conclut avec les États.</p>
<p>Mais le FMI ne gouverne pas le Sénégal.</p>
<p>Ce sont les autorités sénégalaises qui négocient, arbitrent et décident. Et ce sont elles qui doivent répondre de leurs décisions devant le peuple sénégalais. C’est d’ailleurs le principe que nous avions posé dans notre première analyse : la responsabilité politique des choix demeure celle des autorités nationales.</p>
<p>Le pouvoir ne peut pas revendiquer le mérite de l’accord lorsque cela l’arrange et, demain, désigner le FMI comme responsable lorsque viendront les décisions impopulaires.</p>
<p>Gouverner, c’est choisir. Et choisir, c’est assumer.</p>
<p>*NOTRE RESPONSABILITÉ EST DE PROPOSER UNE AUTRE VOIE*</p>
<p>Le Parti socialiste ne souhaite pas l’échec du Sénégal parce qu’il est dans l’opposition. Notre pays doit retrouver sa crédibilité financière et des marges de manœuvre pour investir.</p>
<p>Mais cela ne signifie nullement que nous donnons quitus au Gouvernement actuel, encore moins que nous partageons sa politique.</p>
<p>Nous avons notre propre conception du redressement.</p>
<p>Nous pensons qu’il est possible de retrouver des finances publiques solides sans faire de l’appauvrissement des ménages la variable d’ajustement.</p>
<p>Cela suppose un État plus sobre dans son fonctionnement, une dépense publique mieux orientée et une fiscalité plus juste. Cela suppose aussi de mieux mobiliser les ressources qui échappent encore à l’impôt au lieu de revenir constamment vers ceux qui contribuent déjà.</p>
<p>Mais surtout, il faut sortir d’une vision du redressement qui ne regarderait que les dépenses.</p>
<p>Un pays ne sort pas durablement de ses difficultés uniquement en comprimant ses charges.</p>
<p>Il doit produire davantage.</p>
<p>Il doit soutenir ses entreprises, son agriculture et ses territoires. Il doit créer des emplois. Il doit investir là où l’investissement prépare réellement l’avenir. Il doit permettre à son secteur privé de grandir et créer suffisamment de richesses pour financer durablement les politiques sociales dont notre population a besoin.</p>
<p>C’est aussi sur ce terrain que nous attendons le Gouvernement.</p>
<p>Le Sénégal doit redresser ses finances. Nous ne le contestons pas. Certaines décisions seront probablement difficiles.</p>
<p>Mais, au bout du compte, la réussite ne se mesurera pas seulement au déficit, au niveau de la dette ou à l’appréciation de nos partenaires financiers.</p>
<p>Elle se mesurera à une question beaucoup plus simple :</p>
<p>après les efforts demandés, les Sénégalais vivent-ils mieux ou moins bien ?</p>
<p>C’est là-dessus qu’un Gouvernement doit être jugé.</p>
<p>Notre position est donc claire : ni immobilisme, ni austérité aveugle. Ni déni des réalités financières, ni transfert de la facture sur ceux qui ont déjà le plus de difficultés à la payer.</p>
<p>Nous défendons un redressement sérieux, mais juste. Un État plus exemplaire, mais aussi une économie plus productive. Des comptes publics mieux tenus, mais au service d’une ambition économique et sociale.</p>
<p>Redresser les comptes est une nécessité. Préserver la cohésion de notre société en est une autre. L’une ne doit pas se faire au détriment de l’autre.</p>
<p>C’est notre conception de la responsabilité.</p>
<p>Et c’est, tout simplement, notre conception de la justice sociale.</p>
<p>*Abdoulaye WILANE*</p>
<p>*Porte-parole du Parti Socialiste du Sénégal*</p>
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			</item>
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		<title>Dette, FMI, pouvoir d’achat : le temps des résultats</title>
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		<dc:creator><![CDATA[koom sante]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Sep 2026 08:04:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITES]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[#Dette]]></category>
		<category><![CDATA[#FMI]]></category>
		<category><![CDATA[#PouvoirAchat]]></category>
		<category><![CDATA[#résultats]]></category>
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					<description><![CDATA[Plus aucun prétexte Le Sénégal vient d’ouvrir une nouvelle étape. L’accord avec le FMI, évalué à environ 2,2 milliards de dollars sur 36 mois, et le lancement du Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS) constituent une bouffée d’oxygène financière. Mais une bouffée d’oxygène n’est pas encore une guérison : l’accord donne du [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Plus aucun prétexte</p>
<p>Le Sénégal vient d’ouvrir une nouvelle étape. L’accord avec le FMI, évalué à environ 2,2 milliards de dollars sur 36 mois, et le lancement du Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS) constituent une bouffée d’oxygène financière.</p>
<p>Mais une bouffée d’oxygène n’est pas encore une guérison : l’accord donne du temps ; il ne produit pas, à lui seul, des résultats.</p>
<ol>
<li>Le chiffre qui résume la pression : 24 francs sur 100</li>
</ol>
<p>Une donnée particulièrement lourde mérite toute notre attention : la part des recettes publiques consacrée aux intérêts de la dette passerait de 16,1 % en 2023 à 23,7 % en 2026.</p>
<p>L’image est simple : sur 100 francs qui entrent dans les caisses publiques, près de 24 francs partent dans les intérêts.</p>
<p>Cela signifie mécaniquement moins d’espace pour financer les services publics, l’investissement, les infrastructures et les politiques sociales.</p>
<p>+7,6 points en trois ans : c’est le prix de la contrainte financière.</p>
<ol start="2">
<li>La dette n’est pas seulement un chiffre : elle a un visage</li>
</ol>
<p>Derrière les milliards, il y a des réalités humaines : le jeune qui cherche un emploi, la famille qui supporte la hausse des dépenses, l’entrepreneur qui attend un paiement de l’État, l’étudiant qui a besoin d’infrastructures, le malade qui attend des soins.</p>
<p>C’est pourquoi une question fondamentale doit être posée :</p>
<p>Qu’avons-nous fait de l’argent emprunté ?</p>
<p>Le budget de l’État est passé de 2 344,8 milliards FCFA en 2012 à 7 003,6 milliards en 2024, soit une progression de près de 199 %.</p>
<p>La vraie question n’est donc plus uniquement celle du volume de la dette. Elle est celle de son rendement économique et social : quels investissements ont créé de la richesse, des emplois, des recettes et des capacités productives ?</p>
<ol start="3">
<li>Le danger silencieux : emprunter cher pour rembourser cher</li>
</ol>
<p>La dégradation des conditions de financement constitue l’un des points les plus préoccupants.</p>
<p>La trajectoire des notations évoquée va de Ba3 à Caa2 en moins de deux ans, tandis que certains financements sont passés d’environ 4 % à plus de 12 %.</p>
<p>Le mécanisme est comparable à celui d’un ménage dont la banque augmente brutalement le taux de son crédit : plus le crédit coûte cher, moins il reste d’argent pour vivre et investir.</p>
<p>Pour l’État, cela signifie moins de marge budgétaire et davantage de ressources absorbées par le service de la dette.</p>
<ol start="4">
<li>Une croissance à deux visages</li>
</ol>
<p>Le Sénégal affiche 6,7 % de croissance en 2025. Mais un contraste majeur apparaît : 2,2 % seulement hors hydrocarbures.</p>
<p>C’est un chiffre essentiel.</p>
<p>Une économie peut croître rapidement grâce à l’exploitation de ressources naturelles. Mais la question déterminante reste : que se passe-t-il lorsque l’on retire les hydrocarbures de l’équation ?</p>
<p>C’est là que se mesure la capacité réelle de l’économie à produire durablement, créer des emplois et enrichir les territoires.</p>
<ol start="5">
<li>Le choc des 819 milliards</li>
</ol>
<p>Le dossier énergétique donne une autre illustration de la difficulté des arbitrages publics.</p>
<p>250 milliards FCFA ont été budgétés pour les subventions énergétiques, contre un coût projeté de 1 069 milliards FCFA si la situation reste inchangée.</p>
<p>Soit un écart de 819 milliards FCFA.</p>
<p>819 milliards, ce n’est pas une abstraction.</p>
<p>C’est une masse financière qui pose directement la question suivante :</p>
<p>Comment réduire la facture de l’État sans faire porter l’essentiel de l’effort sur les ménages et les acteurs économiques les plus fragiles ?</p>
<ol start="6">
<li>Le social ne doit pas devenir la variable d’ajustement</li>
</ol>
<p>Les Bourses de sécurité familiale, programme social instauré en 2013, ont connu une suspension à partir de 2024 avant d’être restaurées en 2026.</p>
<p>L’enjeu n’est pas seulement de défendre ou de critiquer le programme.</p>
<p>Il faut poser la question de son coût, de son ciblage et de son efficacité, notamment en le mettant en perspective avec les 819 milliards d’écart sur les subventions énergétiques.</p>
<p>Une politique de redressement réussie ne doit pas opposer systématiquement rigueur budgétaire et protection sociale.</p>
<p>Elle doit rechercher l’efficacité de chaque franc public.</p>
<ol start="7">
<li>« Traitement de la dette » : attention aux mots</li>
</ol>
<p>Il ne faut pas confondre traitement, reprofilage et restructuration.</p>
<p>Un traitement peut notamment modifier le calendrier ou les conditions de remboursement.</p>
<p>Une restructuration peut aller beaucoup plus loin et entraîner une modification de la valeur économique supportée par les créanciers.</p>
<p>La question essentielle est donc :</p>
<p>Qui paie ?</p>
<p>Qui gagne du temps ?</p>
<p>Qui supporte le coût ?</p>
<p>Et quel sera l’impact sur l’économie sénégalaise ?</p>
<p>Cette clarification est indispensable pour que le débat sur la dette ne reste pas prisonnier des slogans.</p>
<ol start="8">
<li>Le danger pour l’épargne nationale</li>
</ol>
<p>Une partie de la dette en francs CFA est détenue par des acteurs domestiques : banques, compagnies d’assurance, fonds de pension et épargnants.</p>
<p>Il faut donc une vigilance particulière : protéger l’épargne nationale et obtenir une exclusion écrite et opposable de la dette domestique en CFA du périmètre du traitement, avant toute validation parlementaire.</p>
<p>Parce qu’une opération sur la dette ne doit jamais être analysée uniquement du point de vue des créanciers et de l’État.</p>
<p>Elle doit aussi être regardée depuis le compte bancaire, l’épargne et la retraite du citoyen.</p>
<ol start="9">
<li>Le véritable redressement : transformer la dette en capital productif</li>
</ol>
<p>Une idée doit guider l’action publique : distinguer la dette qui finance un actif productif de celle qui finance essentiellement la consommation.</p>
<p>L’image est parlante.</p>
<p>Deux personnes peuvent emprunter exactement la même somme. La première achète un taxi qui génère des revenus ; la seconde dépense tout sans créer de revenu futur.</p>
<p>Même dette. Deux résultats totalement différents.</p>
<p>Pour l’État, la logique doit être la même : chaque emprunt devrait pouvoir être relié à un actif, une infrastructure, une activité ou une capacité productive mesurable.</p>
<ol start="10">
<li>De la critique à l’exigence</li>
</ol>
<p>Il ne suffit pas de constater les difficultés.</p>
<p>Il faut exiger des réponses, de la transparence et des résultats.</p>
<p>Les priorités sont claires :</p>
<p>publier les rapports disponibles sur la situation financière ;</p>
<p>rendre public le périmètre exact du PTDS ;</p>
<p>assurer un suivi trimestriel de la dette ;</p>
<p>privilégier, lorsque cela est possible, le reprofilage ;</p>
<p>identifier les investissements réalisés grâce à l’endettement ;</p>
<p>protéger l’épargne domestique ;</p>
<p>renforcer les financements concessionnels ;</p>
<p>mesurer concrètement l’impact social du redressement.</p>
<p>Des repères doivent être fixés et suivis publiquement, notamment l’évolution du ratio dette/PIB et la réduction progressive du poids des intérêts dans les recettes publiques.</p>
<p>Le message politique tient en une phrase</p>
<p>Le Sénégal n’a plus seulement besoin d’un accord : il a besoin de résultats.</p>
<p>L’accord avec le FMI peut restaurer un cadre.</p>
<p>Le traitement de la dette peut desserrer certaines contraintes.</p>
<p>Mais la réussite se mesurera ailleurs :</p>
<p>dans le pouvoir d’achat,</p>
<p>dans l’emploi,</p>
<p>dans l’investissement,</p>
<p>dans la confiance,</p>
<p>dans la protection sociale, et dans la capacité de l’État à transformer chaque franc public en valeur pour la collectivité.</p>
<p>Le temps des explications doit progressivement laisser place au temps de la preuve.</p>
<p>Le prétexte est tombé.</p>
<p>L’obligation de résultat commence.</p>
<p>Cheikh Ahmed Tidiane Ly</p>
<p>Coordinateur national du CSEQ-APR</p>
<p>Dakar, le 4 septembre 2026</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le FMI, partenaire ou frein ? Quand des experts s’enlisent</title>
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		<dc:creator><![CDATA[koom sante]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Jun 2026 13:33:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITES]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[#Experts]]></category>
		<category><![CDATA[#FMI]]></category>
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					<description><![CDATA[À quelques jours de l’arrivée d’une mission du Fonds monétaire international à Dakar, et alors que l’État vient de solder par anticipation plus de 58 milliards de francs CFA pour rassurer les marchés, le débat ressurgit avec la force d’une évidence : le FMI est-il, pour le Sénégal, un partenaire ou un frein ? Pour [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>À quelques jours de l’arrivée d’une mission du Fonds monétaire international à Dakar, et alors que l’État vient de solder par anticipation plus de 58 milliards de francs CFA pour rassurer les marchés, le débat ressurgit avec la force d’une évidence : le FMI est-il, pour le Sénégal, un partenaire ou un frein ? Pour une partie des économistes et des observateurs souverainistes, le verdict est tranché : présent depuis plus de quarante-cinq ans, le Fonds n’aurait jamais permis d’améliorer durablement la situation du pays. Il faudrait, soutiennent-ils, explorer d’autres voies. La formule est forte. Elle est aussi, pour l’essentiel, un faux procès.</p>
<p>Disons-le d’emblée : sur deux points, ces analystes ont raison. Les programmes d’ajustement structurel des années 1980 et 1990 ont laissé des cicatrices réelles — démantèlement de l’encadrement agricole, austérité sociale, décennies perdues. Et un pays qui a vécu sous programme de façon quasi continue pendant quarante-cinq ans a, de fait, échoué à bâtir son autonomie financière. La dépendance chronique n’est pas une vue de l’esprit ; c’est le symptôme d’un modèle qui n’a pas tenu ses promesses. Reconnaître cela n’est pas une concession : c’est le point de départ d’un diagnostic sérieux.</p>
<p>Mais c’est précisément là que le raisonnement dérape. Affirmer que « le FMI est là depuis quarante-cinq ans et que rien ne s’est durablement amélioré » revient à confondre la présence et la cause. Le Fonds n’arrive jamais par hasard : il arrive parce que la crise est déjà installée. On ne juge pas un médecin sur le fait que le patient était malade en franchissant la porte de son cabinet. Pour soutenir que le FMI a aggravé la situation du Sénégal, encore faudrait-il démontrer ce qu’aurait été le pays sans lui — exercice que personne n’a sérieusement conduit, et que le slogan évite soigneusement.</p>
<p>L’actualité récente en administre la preuve la plus éclatante. Si le programme de 1,8 milliard de dollars a été suspendu en 2024, ce n’est pas à cause d’une politique imposée par Washington : c’est parce qu’un audit a révélé que les déficits et la dette avaient été massivement sous-déclarés par l’administration précédente.</p>
<p>La dette cachée — estimée entre onze et treize milliards de dollars, soit plus du quart de l’endettement total — est un acte de l’État sénégalais, pas une recommandation du Fonds. Le FMI a été trompé, non obéi. On ne peut pas, dans la même phrase, présenter l’institution comme toute-puissante et comme dupée. Il faut choisir.</p>
<p>Vient alors la question qui décide de tout, et que le discours souverainiste contourne : si ce n’est pas le FMI, alors qui comble le trou ? Car le besoin de financement, lui, n’est pas une opinion. La loi de finances 2026 affiche des dépenses de 7 434 milliards de francs CFA pour 6 189 milliards de recettes — un déficit cadré à 5,37 % du PIB — auquel s’ajoute le « mur de la dette » des années 2026 à 2028. Le service de la dette absorbait déjà, fin septembre 2025, près de 22 % des recettes de l’État.</p>
<p>Ce gouffre doit être financé, programme ou pas. Les voies de remplacement existent, mais aucune n’est gratuite : l’endettement bilatéral auprès de la Chine ou des pays du Golfe ne fait que déplacer la dépendance, en troquant une conditionnalité multilatérale transparente contre une conditionnalité bilatérale opaque ; les marchés, eux, ont déjà poussé les obligations sénégalaises à des planchers historiques, rendant l’emprunt prohibitif ; et la restructuration se paierait au prix fort, par la fermeture durable de l’accès au crédit. Se libérer du FMI ne libère pas du besoin de financement. C’est même souvent l’inverse : la souveraineté vis-à-vis du Fonds peut s’accompagner d’une dépendance accrue, simplement vis-à-vis d’un autre créancier.</p>
<p>Reste enfin la part de vérité que ces observateurs pressentent sans la nommer. La vraie contrainte de souveraineté, au Sénégal, ne s’appelle pas FMI : elle s’appelle architecture monétaire. Tant que le franc CFA reste arrimé à l’euro, encadré par les règles de réserves de la BCEAO et la libre circulation des capitaux dans la zone, la marge de manœuvre macroéconomique du pays demeure structurellement bornée. Le Fonds n’est qu’en aval de cette réalité. Quitter le FMI n’y changerait rien. Si l’on veut un débat de souveraineté, c’est là qu’il faut le porter — pas dans un procès commode contre une institution qui n’est, au fond, qu’un révélateur de nos propres choix.</p>
<p>Et c’est peut-être le plus révélateur : cette querelle économique habille une rupture politique. En présentant la cassure entre le président Faye et son ancien Premier ministre comme un choix entre dépendance et option souverainiste, on donne un sens noble à un réalignement de pouvoir. L’idéologie est ici le pavillon, rarement la cause.</p>
<p>Le Sénégal n’a donc pas à choisir entre le FMI et la souveraineté. Il a à comprendre que le FMI n’est ni partenaire ni frein : il est un miroir. Il ne fait qu’imposer les conséquences de nos arbitrages budgétaires. Le seul levier de souveraineté qui vaille est interne : la qualité de la dépense publique, l’élargissement d’une base productive trop étroite, le recouvrement fiscal, la transparence des comptes — tout ce que l’épisode de la dette cachée a précisément mis à nu. Nos compatriotes l’ont d’ailleurs compris avant nos économistes : près de huit Sénégalais sur dix se disent prêts à payer davantage d’impôts pour financer le développement sur fonds propres plutôt que par l’emprunt extérieur. L’aspiration souveraine est là, intacte, populaire. Encore faut-il lui donner les moyens institutionnels de se réaliser.</p>
<p>La souveraineté ne se proclame pas ; elle se construit, et surtout, elle se finance.</p>
<p>Fait à Dakar, le 12 juin 2026</p>
<p><strong>Driss Junior DIALLO</strong></p>
<p><em>Consultant en gouvernance et finances publiques</em></p>
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