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	<title>Opinion</title>
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	<title>Opinion</title>
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		<title>Les nominations individuelles en conseil des ministres du 28 octobre 2026</title>
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		<dc:creator><![CDATA[koom sante]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Oct 2026 07:01:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITES]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[#ConseilDesMinistres]]></category>
		<category><![CDATA[#nominations]]></category>
		<category><![CDATA[#Politique28octobre2026]]></category>
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					<description><![CDATA[AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Président de la République a pris les décisions suivantes : Au titre du Ministère de l’Économie, des Finances et du Plan • Monsieur Hahmadou Bamba TINE, Inspecteur du Trésor Principal, matricule de solde n°624 532/D, est nommé Directeur général de la Coopération économique et du Développement des Partenariats et [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES</p>
<p>Le Président de la République a pris les décisions suivantes :</p>
<p>Au titre du Ministère de l’Économie, des Finances et du Plan</p>
<p>• Monsieur Hahmadou Bamba TINE, Inspecteur du Trésor Principal, matricule de solde n°624 532/D, est nommé Directeur général de la Coopération économique et du Développement des Partenariats et du Secteur privé au Ministère de l’Economie, des Finances et du Plan ;</p>
<p>• Monsieur Cheikh Ahmed Tidiane SENGHOR, Administrateur civil Principal matricule de solde n°600 004/B, est nommé Coordonnateur de la Direction générale de la Coopération économique et du Développement des Partenariats et du Secteur privé au Ministère de l’Economie, des Finances et du Plan.</p>
<p>• Monsieur Malick SARR, Diplômé en Finances et Gestion publiques, est nommé Directeur de l’Administration et du Personnel à la Direction générale de la Coopération économique et du Développement des Partenariats et du Secteur privé au Ministère de l’Economie, des Finances et du Plan.</p>
<p>• Madame Maam Swadu SAKHO JIMBIRA, Docteur en Économie, est nommée Directeur de la Coopération et des Partenariats économiques à la Direction générale de la Coopération économique et du Développement des Partenariats et du Secteur privé au Ministère de l’Economie, des Finances et du Plan ;</p>
<p>• Monsieur Babacar SENE, Professeur titulaire des Universités, est nommé Directeur du Développement du Secteur Privé à la Direction générale de la Coopération économique et du Développement des Partenariats et du Secteur privé au Ministère de l’Economie, des Finances et du Plan.</p>
<p>• Monsieur Papa Mamadou GUEYE, Juriste spécialiste en Partenariats Public-Privé, est nommé Directeur des Partenariats Public-Privé de la Direction générale de la Coopération économique et du Développement des Partenariats et du Secteur privé au Ministère de l’Economie, des Finances et du Plan.</p>
<p>Au titre du Ministère de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur</p>
<p>• Monsieur Mbaye CISSE, Général de Corps d’Armée (2S), est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de la Très Honorable Louise Arbour, Gouverneure générale et Commandante en Chef du Canada, avec résidence à Ottawa ;</p>
<p>Au titre du Ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités</p>
<p>• Monsieur Mamadou Selly LY, titulaire d’un Doctorat en Santé publique, option Économie de la Santé, est nommé Secrétaire général de l’Agence sénégalaise de la Couverture sanitaire universelle (SEN CSU), poste vacant ;</p>
<p>Au titre du Ministère des Transports terrestres et aériens</p>
<p>• Monsieur Abdoulaye DIOP, Titulaire d’un Master en Management et Stratégie des Entreprises, est nommé Directeur général du Fonds pour le Développement des Transports terrestres (FDTT), poste vacant ;</p>
<p>Au titre du Ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat</p>
<p>• Monsieur Ibrahima BADIANE, titulaire d’un Master en Management et Stratégie d’Entreprise, est nommé Directeur général du Grand Théâtre national, en remplacement de Monsieur Serigne Fall GUEYE ;</p>
<p>• Monsieur Hugues DIAZ, Conseiller aux Affaires culturelles, matricule de solde n° 515 165/I, est nommé Directeur général de la Culture, poste vacant ;</p>
<p>• Madame Ndeye Khoudia DIAGNE, Planificateur, matricule de solde n° 615 451/J, est nommée Directeur des Arts, en remplacement de Monsieur Hugues DIAZ,appelé à d’autres fonctions ;</p>
<p>• Madame Fama CISSE THIAM, Principale de Collège, titulaire d’un MBA en Administration et Gestion, est nommée Directeur du Livre et de la Promotion de la Lecture, en remplacement de Monsieur Ibrahima Moctala LO, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;</p>
<p>• Monsieur Oumar DIALLO, titulaire d’un Master en Droit économique, est nommé Président du Conseil de Surveillance de l’Agence pour la Promotion et le Développement de l’Artisanat, en remplacement de Monsieur Sissao DIANE ;</p>
<p>Au titre du Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique</p>
<p>• Monsieur Mor FALL, Enseignant-chercheur en Pharmacologie clinique, est nommé Président du Conseil d’Administration de la Pharmacie nationale d’Approvisionnement (PNA), en remplacement de Monsieur Mamadou SANE ;</p>
<p>• Monsieur Mamadou FALL, Professeur titulaire de Toxicologie de classe exceptionnelle, matricule de solde n° 518 321/J, est nommé Directeur du Centre national Antipoison (CNAP), poste vacant ;</p>
<p>• Madame Ndeye Fatou SECK, titulaire d’un Doctorat en Médecine, chirurgienne pédiatre, Spécialiste en Santé publique, matricule de solde 744.426/A, est nommée Directeur de la Qualité, de la Sécurité et de l’Hygiène hospitalière, poste vacant ;</p>
<p>• Madame Fatou NDONG DIOUCK, titulaire d’un Doctorat d’État en Médecine et d’un Diplôme de Management des Établissements de Santé, matricule de solde 734 445/C, précédemment Médecin-Chef du Centre de Santé de Ngor, est nommée Directeur de l’Établissement public de Santé Thierno Mansour BARRO de Mbour, en remplacement du Docteur Thérèse Aïda NDIAYE ;</p>
<p>• Monsieur Alassane Mamadou THIAM, titulaire d’un Doctorat en Biologie et Pathologies humaines et d’un diplôme d’Ingénieur en Génie Biologique et sanitaire, Spécialiste en Immunogénétique, est nommé Président du Conseil d’Administration du Centre national Anti poison « CANAP », poste vacant ;</p>
<p>• Monsieur Yoro DIAGNE, Docteur en Médecine, titulaire d’un Master en Management des Etablissements de Santé, précédemment Directeur de l’Etablissement public de Santé Mame Abdou Aziz Dabakh de Tivaouane, est nommé Directeur du Centre hospitalier régional de Ziguinchor, en remplacement du Docteur Gabriel SENGHOR ;</p>
<p>• Monsieur Mouhamadou Abdoulaye SAKHO, Docteur en Pharmacie, titulaire d’un Diplôme d’Etudes supérieures spécialisées en Gestion des Services de Santé, précédemment Directeur des Etablissements publics de Santé, est nommé Directeur de l’Etablissement public de Santé Mame Abdou Aziz Dabakh de Tivaouane, en remplacement du Docteur Yoro Diagne, appelé à d’autres fonctions ;</p>
<p>• Monsieur Mouhamed Abdallah GUEYE, Administrateur des Services de Santé, titulaire d’un Diplôme d’Etudes supérieures spécialisées (DESS) en Gestion des Services de Santé (GSS), option Gestion hospitalière, est nommé Directeur des Etablissements publics de Santé au Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, en remplacement du Docteur Mamadou Abdoulaye Sakho, appelé à d’autres fonctions.</p>
<p>• Monsieur Ousmane DIOP, titulaire d’un Doctorat d’Etat en Chirurgie dentaire et d’un MBA en Economie de la Santé, matricule de solde n° 655 974 /Z, est nommé Directeur du Centre hospitalier régional de Matam, poste vacant.</p>
<p>Au titre du Ministère de la Communication et des Relations avec les Institutions</p>
<p>• Monsieur Babou FAYE, Journaliste, est nommé Président du Conseil d’Administration de l’Agence de Presse sénégalaise (APS), en remplacement de Monsieur Sadikh TOP ;</p>
<p>Au titre du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation</p>
<p>• Monsieur Diamé SIGNATE, précédemment Directeur général de l’Agence de Développement Local (ADL), est nommé Directeur du Centre régional des Œuvres universitaires sociales de l’Université du Sénégal Oriental, poste vacant ;</p>
<p>Au titre du Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage</p>
<p>• Monsieur Djidiack FAYE, titulaire d’un Master en Agroforesterie, Ecologie et Adaptation, est nommé Coordonnateur national du Programme des Domaines agricoles communautaires (PRODAC), en remplacement de Monsieur Cheikh Ahmadou Bamba NGOM.</p>
<p>Au titre du Ministère de la Jeunesse et des Sports</p>
<p>• Monsieur Souleymane Boun Daouda DIOP, Professeur certifié d’Education physique et sportive, est nommé Président du Conseil d’Administration de l’Office de Gestion des Infrastructures sportives, en remplacement de Monsieur Amady Ahmadou DIOP ;</p>
<p>• Monsieur Mandiaye NDIAYE, Manager du Sport de Haut Niveau, est nommé Directeur du Sport de Haut Niveau, en remplacement de Monsieur Cheikh Tahirou FALL ;</p>
<p>• Monsieur Gilbert Sidy Lamine MBENGUE, Inspecteur de l’Education populaire, de la Jeunesse et des Sports, matricule de solde n° 713 798/C, précédemment Directeur des Activités physiques et sportives, est nommé Directeur général des Sports au Ministère de la Jeunesse et des Sports, en remplacement de Monsieur Mama Laye MBAYE ;</p>
<p>• Monsieur Serigne Ali Cissé DIENE, Inspecteur de l’Education populaire, de la Jeunesse et des Sports, matricule de solde n° 632 057/C, est nommé Directeur du Centre national d’Education populaire et sportive (CNEPS) au Ministère de la Jeunesse et des Sports, en remplacement de Monsieur Nalla Socé FALL.</p>
<p>Au titre du Ministère de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire</p>
<p>• Madame Aminata FALL, Économiste planificateur, matricule de solde n° 608 812/E, est nommée Directeur général du Fonds national de la Microfinance (FONAMIF), en remplacement de Monsieur Amadou Tidiane DIALLO, appelé à d’autres fonctions ;</p>
<p>• Monsieur El Hadji Habib KANDJI, Administrateur civil principal, matricule de solde n° 624 574/F, est nomméSecrétaire général du Fonds de Développement de la Microfinance islamique, poste vacant.</p>
<p>Au titre du Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires</p>
<p>• Monsieur Adama SARR, Ingénieur topographe, est nommé Directeur général de l’Agence nationale de l’Aménagement du Territoire (ANAT), en remplacement de Monsieur Tidiane SIDIBE.</p>
<p><strong>Bacary SARR,</strong></p>
<p><strong>Ministre de la Communication et des Relations avec les Institutions,</strong></p>
<p><strong>Porte-Parole du Gouvernement</strong></p>
]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Crise de la presse au Sénégal : Adama Sow interpelle le Premier ministre sur les enfants privés d’école</title>
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		<dc:creator><![CDATA[koom sante]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Oct 2026 10:53:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITES]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[#AdamaSow]]></category>
		<category><![CDATA[#crisePresseSénégal]]></category>
		<category><![CDATA[#enfantsEcole]]></category>
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					<description><![CDATA[Monsieur le Premier ministre, Ce vendredi 16 octobre, vous recevrez les représentants des organisations professionnelles de la presse sénégalaise. Ils viendront vous parler de la crise des médias, de leurs difficultés économiques, de leurs dettes, de la fiscalité, du Fonds d&#8217;appui à la presse, des conventions publicitaires et de l&#8217;avenir d&#8217;un secteur aujourd&#8217;hui au bord [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Monsieur le Premier ministre,</p>
<p>Ce vendredi 16 octobre, vous recevrez les représentants des organisations professionnelles de la presse sénégalaise. Ils viendront vous parler de la crise des médias, de leurs difficultés économiques, de leurs dettes, de la fiscalité, du Fonds d&rsquo;appui à la presse, des conventions publicitaires et de l&rsquo;avenir d&rsquo;un secteur aujourd&rsquo;hui au bord de l&rsquo;effondrement. Ils auront raison de le faire. Ces questions sont essentielles.</p>
<p>Mais permettez-moi, Monsieur le Premier ministre, de vous demander, avant que ne commencent les discussions techniques, avant les exposés des organisations patronales, avant les chiffres et les propositions de sortie de crise, de penser à ceux qui ne seront pas autour de votre table.<br />
Pensez à ces enfants qui, cette année, ont regardé leurs camarades reprendre le chemin de l&rsquo;école sans pouvoir les accompagner. Non parce qu&rsquo;ils étaient malades. Non parce qu&rsquo;ils avaient échoué. Non parce que leurs parents ne croyaient pas à l&rsquo;éducation.</p>
<p>Mais simplement parce que leurs pères et leurs mères, journalistes, techniciens, cameramen, monteurs, animateurs, secrétaires, chauffeurs ou agents administratifs dans des entreprises de presse, n&rsquo;avaient plus les moyens de payer leur scolarité, leurs fournitures, leurs uniformes ou leur transport.<br />
Des parents qui travaillent pourtant. Des parents qui se lèvent chaque matin pour accomplir leur devoir professionnel. Des parents qui continuent, parfois depuis plusieurs mois, à servir leurs entreprises sans recevoir leur salaire.<br />
Quelle terrible injustice que celle d&rsquo;un homme qui travaille et qui ne peut plus nourrir sa famille ! Quelle douleur plus profonde, pour un père ou une mère, que de devoir expliquer à son enfant qu&rsquo;il ne pourra pas aller à l&rsquo;école parce que son salaire n&rsquo;est pas arrivé !**</p>
<p>Monsieur le Premier ministre,</p>
<p>Je voudrais que vous imaginiez un instant cette scène. Un matin de rentrée scolaire, dans une maison de la banlieue dakaroise ou d&rsquo;une ville de l&rsquo;intérieur du pays, un enfant se réveille plus tôt que d&rsquo;habitude. Il a préparé son ancien cartable. Il espère retrouver ses camarades, son maître, sa classe. Il demande à son père si tout est prêt.<br />
Le père détourne le regard. Il promet que ce sera pour la semaine prochaine. Peut-être lundi. Peut-être lorsque le salaire arrivera. Mais le salaire n&rsquo;arrive pas.<br />
Les jours passent. Les autres enfants avancent dans leurs leçons. Le sien reste à la maison. Et chaque matin devient une nouvelle blessure.</p>
<p>Cette scène, que j&rsquo;évoque ici pour donner un visage à une souffrance bien réelle, résume mieux que tous les tableaux financiers le drame humain qui se joue aujourd&rsquo;hui dans une partie de la presse privée sénégalaise. Car il ne s&rsquo;agit plus seulement d&rsquo;entreprises en difficulté.<br />
Il s&rsquo;agit de familles qui s&rsquo;effondrent en silence. Il s&rsquo;agit de dignités blessées. Il s&rsquo;agit d&rsquo;enfances auxquelles on fait payer une crise dont elles ne portent aucune responsabilité. Il y a des journalistes qui ont passé vingt ou trente ans à raconter les souffrances des autres et qui, aujourd&rsquo;hui, n&rsquo;osent plus raconter les leurs.</p>
<p>Des hommes et des femmes qui ont couvert les inondations, les crises sociales, les campagnes électorales, les catastrophes, les épidémies, les drames de nos compatriotes. Ils ont donné la parole aux sans-voix, dénoncé des injustices, accompagné les grandes heures de notre vie démocratique.<br />
Aujourd&rsquo;hui, certains d&rsquo;entre eux ne savent plus comment payer leur loyer. D&rsquo;autres repoussent une consultation médicale, renoncent à acheter des médicaments ou s&rsquo;endettent pour assurer le repas familial.</p>
<p>Certains ont épuisé leurs économies. D&rsquo;autres ont épuisé leur crédit auprès de leurs proches. Et beaucoup ont fini par épuiser jusqu&rsquo;à leur capacité de demander de l&rsquo;aide. Car la pauvreté est douloureuse. Mais la pauvreté de celui qui travaille, qui possède un métier, une expérience, une qualification et qui ne reçoit plus la rémunération de son travail porte une humiliation particulière.<br />
C&rsquo;est une précarité qui ne détruit pas seulement le pouvoir d&rsquo;achat. Elle attaque l&rsquo;estime de soi. Elle fragilise les couples, bouleverse les familles et installe dans les maisons une angoisse que les enfants finissent toujours par ressentir.</p>
<p>Monsieur le Premier ministre,</p>
<p>En juin dernier, dans une lettre ouverte adressée au ministre de la Communication, Bacary Sarr, j&rsquo;alertais déjà sur la dégradation dramatique de notre paysage médiatique. J&rsquo;évoquais les entreprises asphyxiées, les salaires impayés, les licenciements, la disparition progressive de compétences précieuses et cette fracture grandissante entre l&rsquo;État et une partie de la presse privée.<br />
Quatre mois plus tard, la question n&rsquo;est plus seulement de savoir comment sauver les entreprises de presse. Elle est devenue beaucoup plus urgente, beaucoup plus humaine :<br />
Combien de temps encore allons-nous demander à des travailleurs de vivre sans salaire ? Combien de familles devront basculer dans la détresse avant que cette crise soit reconnue pour ce qu&rsquo;elle est aussi : une urgence sociale ? Nous ne pouvons pas nous habituer à cette situation.<br />
Nous ne pouvons pas considérer comme normal qu&rsquo;un journaliste présente le journal de vingt heures en ayant passé la journée à chercher de quoi nourrir ses enfants. Nous ne pouvons pas accepter qu&rsquo;un technicien assure la diffusion d&rsquo;une émission pendant que sa famille attend, à la maison, un argent qui ne viendra peut-être pas.</p>
<p>Nous ne pouvons pas nous résigner à voir des professionnels expérimentés quitter leur métier, non par désamour du journalisme, mais parce qu&rsquo;ils n&rsquo;ont plus les moyens de continuer à l&rsquo;exercer. Et nous ne pouvons surtout pas admettre que des enfants soient privés d&rsquo;école parce que leurs parents, pourtant employés, sont privés de salaire.<br />
Une société peut traverser des difficultés économiques. Mais elle ne devrait jamais s&rsquo;habituer à la souffrance de ceux qui travaillent.</p>
<p>Monsieur le Premier ministre,</p>
<p>Je sais que l&rsquo;État n&rsquo;a pas vocation à payer les salaires des entreprises privées. Je sais aussi que toutes les difficultés de la presse ne sont pas imputables aux pouvoirs publics. Il existe, dans notre secteur, des faiblesses structurelles anciennes, des modèles économiques dépassés, des insuffisances de gestion et parfois des pratiques patronales qui méritent d&rsquo;être questionnées avec la plus grande fermeté.</p>
<p>Les employeurs ont des responsabilités. Ils doivent les assumer. La presse doit se réformer, se professionnaliser, moderniser ses entreprises, renforcer sa transparence et respecter ses obligations sociales et fiscales. Personne ne devrait réclamer l&rsquo;impunité au nom de la liberté de la presse.<br />
Mais il existe une différence fondamentale entre exiger la mise en conformité d&rsquo;un secteur et le laisser s&rsquo;effondrer avant de prétendre le reconstruire.<br />
On ne redresse pas une entreprise en abandonnant ses travailleurs. On ne réforme pas un secteur en laissant mourir ses compétences. Et on ne consolide pas une démocratie en fragilisant durablement ceux qui ont pour mission d&rsquo;informer les citoyens.</p>
<p>L&rsquo;État a une responsabilité particulière dans la préservation d&rsquo;un environnement économique, juridique et institutionnel permettant à une presse libre, pluraliste et responsable d&rsquo;exister. Cette responsabilité n&rsquo;est pas une faveur accordée aux patrons de presse. Elle relève de l&rsquo;intérêt général.<br />
Car lorsque des rédactions ferment, ce sont des emplois qui disparaissent, mais aussi des espaces de débat, de contradiction et de vigilance citoyenne. Lorsqu&rsquo;un journaliste est réduit à l&rsquo;angoisse permanente de sa survie matérielle, c&rsquo;est son indépendance professionnelle qui devient plus difficile à préserver.<br />
Et lorsqu&rsquo;un pays laisse se déliter son tissu médiatique, il ouvre davantage d&rsquo;espace aux rumeurs, aux manipulations, aux propagandes et à la désinformation.</p>
<p>Monsieur le Premier ministre,</p>
<p>Votre rencontre de ce vendredi ne doit donc pas être une réunion de plus. Elle doit marquer un tournant. Il ne suffira pas d&rsquo;écouter les doléances, de rappeler les exigences de la réglementation ou d&rsquo;annoncer la poursuite des concertations. Il faut des décisions. Des décisions urgentes pour les travailleurs. Des décisions courageuses pour les entreprises. Des décisions structurelles pour l&rsquo;avenir du journalisme sénégalais.</p>
<p>Il faut examiner les mécanismes permettant d&rsquo;apurer les créances publiques effectivement dues aux entreprises de presse, de desserrer les contraintes fiscales et sociales dans un cadre transparent, de rendre les dispositifs d&rsquo;appui plus efficaces et de soutenir la transformation économique et numérique des médias. Mais surtout, il faut que la situation des salariés devienne une priorité immédiate.</p>
<p>Pourquoi ne pas envisager, avec les organisations patronales, les syndicats et les administrations compétentes, un dispositif exceptionnel et strictement encadré de traitement des arriérés de salaires, fondé sur un diagnostic vérifié et des engagements contraignants des employeurs ?<br />
Pourquoi ne pas faire de la protection des travailleurs, du règlement des salaires et de la préservation des emplois des conditions centrales de tout accompagnement public ?<br />
Pourquoi ne pas engager, dès maintenant, un travail spécifique sur les familles les plus durement frappées, notamment celles dont les enfants ont vu leur scolarité compromise ?<br />
Car il y a urgence. L&rsquo;année scolaire n&rsquo;attendra pas la fin des négociations. La faim n&rsquo;attendra pas les conclusions d&rsquo;une commission. Les loyers n&rsquo;attendront pas les arbitrages budgétaires. Et la dignité des travailleurs ne peut pas être renvoyée à un calendrier administratif.</p>
<p>Monsieur le Premier ministre,</p>
<p>Je voudrais terminer cette lettre par une pensée qui, je l&rsquo;espère, accompagnera votre rencontre.<br />
Dans quelques années, les enfants qui n&rsquo;ont pas pu reprendre l&rsquo;école cette année ne se souviendront ni des montants du Fonds d&rsquo;appui à la presse, ni des dispositions fiscales débattues, ni des désaccords entre les pouvoirs publics et les organisations professionnelles.<br />
Ils se souviendront peut-être d&rsquo;autre chose. Du silence de leur père au matin de la rentrée.<br />
Des yeux humides de leur mère devant une liste de fournitures scolaires qu&rsquo;elle ne pouvait pas acheter. De cette promesse répétée, semaine après semaine : « Tu retourneras bientôt à l&rsquo;école. »<br />
Ils se souviendront de cette première expérience de l&rsquo;injustice, lorsqu&rsquo;ils auront compris qu&rsquo;ils étaient restés à la maison non parce que leurs parents refusaient de travailler, mais précisément parce que leur travail n&rsquo;était plus rémunéré.<br />
Et il serait terrible que ces enfants grandissent avec le sentiment que leur pays a regardé leur détresse sans rien faire. Je ne vous écris pas pour demander une faveur à la presse.<br />
Je vous écris pour rappeler qu&rsquo;au-delà des divergences politiques, des querelles professionnelles et des difficultés économiques, il existe une exigence supérieure : celle de ne pas laisser des femmes, des hommes et leurs enfants sombrer dans l&rsquo;indifférence.<br />
La presse sénégalaise a besoin de réformes. Elle a besoin d&rsquo;assainissement. Elle a besoin d&rsquo;un nouveau modèle économique. Mais ses travailleurs ont d&rsquo;abord besoin de retrouver leur salaire, leur dignité et la possibilité de regarder leurs enfants dans les yeux sans avoir à leur demander, une fois encore, de patienter.</p>
<p>Monsieur le Premier ministre,</p>
<p>Vendredi, lorsque vous serez assis face aux représentants des médias, souvenez-vous qu&rsquo;il y aura, symboliquement, d&rsquo;autres personnes autour de cette table. Des journalistes qui n&rsquo;ont pas été payés.<br />
Des mères qui ne savent plus comment tenir leur maison. Des pères qui cachent leur détresse derrière le silence. Et des enfants qui attendent toujours de retourner à l&rsquo;école.<br />
Ils ne prendront pas la parole. Mais c&rsquo;est peut-être leur silence que vous devriez entendre le plus.<br />
Car au fond, Monsieur le Premier ministre, la véritable urgence n&rsquo;est pas seulement de sauver la presse sénégalaise. C&rsquo;est aussi de sauver de la détresse celles et ceux qui la font vivre.<br />
Et de faire en sorte qu&rsquo;aucun enfant ne soit privé de son avenir parce que son père ou sa mère a choisi le métier d&rsquo;informer.<br />
Avec mes respectueuses salutations.<br />
Adama SOW<br />
Journaliste, communicant et citoyen</p>
]]></content:encoded>
					
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		<item>
		<title>Conflit Arabie Saoudite et Houthis du Yémen  Le Sénégal n&#8217;a pas besoin de cette guerre, ses priorités sont ailleurs</title>
		<link>https://koomsante.com/conflit-arabie-saoudite-et-houthis-du-yemen-le-senegal-na-pas-besoin-de-cette-guerre-ses-priorites-sont-ailleurs/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Koomsante Senegal]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Oct 2026 10:25:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
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					<description><![CDATA[&#160; Je voudrais interpeller respectueusement le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, ainsi que les autorités sénégalaises, sur la position de notre pays face au conflit opposant l’Arabie saoudite aux Houthis au Yémen. Quels sont aujourd’hui les intérêts fondamentaux du Sénégal dans cette guerre ? Je ne remets pas en cause le droit de [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>Je voudrais interpeller respectueusement le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, ainsi que les autorités sénégalaises, sur la position de notre pays face au conflit opposant l’Arabie saoudite aux Houthis au Yémen.</p>
<p>Quels sont aujourd’hui les intérêts fondamentaux du Sénégal dans cette guerre ? Je ne remets pas en cause le droit de l’Arabie saoudite à assurer sa sécurité ni la gravité des attaques contre son territoire. Mais le Sénégal doit évaluer ses propres intérêts avant de prendre position dans un conflit qui n’est pas le sien.</p>
<p>Notre priorité doit être le peuple sénégalais.</p>
<p>La cherté de la vie, le chômage, la précarité et les difficultés d’accès à l’emploi préoccupent quotidiennement les familles. Les jeunes cherchent un avenir, les parents peinent à subvenir aux besoins de leurs enfants et les entrepreneurs luttent pour préserver leurs activités et leurs emplois.</p>
<p>Voilà notre véritable bataille : combattre la pauvreté, le chômage et la dépendance économique, tout en renforçant l’éducation, la santé, la dignité et la souveraineté du pays.</p>
<p>Le Sénégal doit-il se laisser entraîner dans les rivalités géopolitiques d’autres nations alors qu’il a tant de défis à relever chez lui ?</p>
<p>L’Arabie saoudite et les Houthis ont leur propre histoire, leurs intérêts et leurs antagonismes. Le conflit yéménite est complexe et dépasse largement ceux du Sénégal. Notre pays doit donc éviter les simplifications et toute prise de position qui ne reposerait pas sur une analyse rigoureuse de ses conséquences pour notre peuple.</p>
<p>L’Arabie saoudite est un partenaire du Sénégal, avec lequel nous entretenons des relations fraternelles, économiques, religieuses et diplomatiques. Nous pouvons reconnaître son soutien sans oublier que la première responsabilité d’un président sénégalais est envers le peuple sénégalais.</p>
<p>La diplomatie ne doit pas reposer sur une gratitude aveugle, mais sur des intérêts réciproques, le respect mutuel et la souveraineté. Nous ne demandons ni de tourner le dos à l’Arabie saoudite ni de soutenir les Houthis. Nous demandons au Sénégal de préserver son indépendance de jugement, de privilégier la paix et de refuser les alignements qui ne servent pas clairement ses intérêts nationaux.</p>
<p>Être ami avec un pays ne signifie pas prendre position dans toutes ses confrontations.</p>
<p>Le Sénégal peut condamner les attaques contre les civils, défendre le droit international, appeler à la désescalade et encourager les négociations sans devenir le porte-parole d’un camp. C’est cela, une diplomatie responsable.</p>
<p>Mais il faut aussi dire clairement que, trop souvent, nos diplomaties semblent commandées et commanditées de l’extérieur, comme si le Sénégal devait se comporter en élève docile. Quand on lui dit : « Condamne », il condamne. Quand on lui dit : « Applaudis », il applaudit. Quand on lui dit : « Debout », il répond : « Je me lève ». Quand on lui dit : « Assis », il répond : « Je m’assieds ». Quand on lui dit : « Tais-toi », il répond : « Je me tais ». Et quand on lui dit : « Parle », il parle. Une telle attitude n’est pas digne d’un pays africain souverain.</p>
<p>Monsieur le Président, le Sénégal a besoin de partenaires, mais surtout d’une stratégie claire pour sortir de la pauvreté : investissements productifs, emplois durables, agriculture forte, industrie nationale, meilleur accès aux soins et perspectives pour la jeunesse.</p>
<p>Chaque décision diplomatique devrait répondre à une question essentielle : qu’apporte-t-elle au Sénégal, à son économie, à sa sécurité, à son peuple et à son avenir ? Lorsqu’une prise de position ne répond ni à un impératif de droit international, ni à la protection des populations, ni à un intérêt national clairement établi, sa nécessité doit être examinée avec courage.</p>
<p>L’Afrique a trop longtemps subi les rivalités des grandes puissances. Elle doit désormais défendre ses intérêts, parler d’une voix indépendante et refuser que ses priorités soient dictées par des agendas extérieurs.</p>
<p>Notre ambition ne doit pas être de choisir systématiquement un camp dans les guerres du monde, mais de construire un Sénégal fort, prospère, souverain et respecté.</p>
<p>Nous devons rechercher la paix avec l’Arabie saoudite, le Yémen, l’Iran, les pays occidentaux et tous nos partenaires, dans le respect de nos principes et de notre souveraineté.</p>
<p>Le peuple sénégalais attend des résultats, de la justice sociale, des perspectives et la possibilité de vivre dignement du fruit de son travail.</p>
<p>Notre première solidarité doit aller à nos compatriotes qui souffrent. Notre première bataille doit être celle du développement. Et notre première fidélité doit être celle que nous devons au Sénégal.</p>
<p>Le Sénégal n’a pas besoin de s’inventer des guerres étrangères. Il doit gagner la bataille de la pauvreté, de l’emploi et de la souveraineté économique.</p>
<p>Que notre diplomatie serve la paix. Que notre politique serve le peuple. Et que nos décisions servent d’abord le Sénégal.</p>
<p>Pa<b>r Serigne Gora Seye, responsable moral des Serviteurs de l’Islam.</b></p>
]]></content:encoded>
					
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		<title>Journée mondiale de la contraception : un bon départ commence bien avant la naissance</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Koomsante Senegal]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Sep 2026 18:27:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[SANTE]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans une trentaine de jours, Dakar accueillera les Jeux Olympiques de la Jeunesse, le tout premier événement olympique jamais organisé en Afrique. Lorsque les athlètes entreront en piste, nous ne verrons que l’instant final : la course, le saut ou le passage de la ligne d’arrivée. Mais avant cette performance, l’essentiel du travail a déjà [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans une trentaine de jours, Dakar accueillera les Jeux Olympiques de la Jeunesse, le tout premier<br />
événement olympique jamais organisé en Afrique. Lorsque les athlètes entreront en piste, nous ne<br />
verrons que l’instant final : la course, le saut ou le passage de la ligne d’arrivée. Mais avant cette<br />
performance, l’essentiel du travail a déjà été accompli. Derrière chaque athlète se cachent des<br />
années de réveils matinaux, de repas équilibrés, de gestion des blessures et de stratégies de<br />
récupération perfectionnées. Les entraîneurs ont observé, les familles ont fait des sacrifices ;<br />
quelqu’un s’est assuré qu’il y ait un lieu d’entraînement et un moyen de s’y rendre. Lorsqu’un<br />
athlète atteint la ligne de départ, tout un écosystème de préparation se cache derrière ce moment.<br />
Une naissance en bonne santé a elle aussi un point de départ. Et celui-ci remonte bien avant la<br />
grossesse. Une grossesse sans risque se décide des années avant qu’une femme n’arrive en salle<br />
d’accouchement, dans les conditions dans lesquelles une jeune fille grandit. L’accès à la<br />
contraception en Afrique de l’Ouest et du Centre permet déjà aujourd’hui d’éviter des grossesses<br />
non désirées et de sauver la vie des mères. Et si investir dans ces conditions produit des résultats,<br />
c’est précisément ainsi que nous offrons à chaque enfant, et pas seulement aux futurs olympiens, un<br />
départ dans la vie en toute sécurité. La Journée mondiale de la contraception, célébrée le 26<br />
septembre, est l’occasion de prendre cet engagement au sérieux.</p>
<p>Trop souvent, on commence à parler de santé maternelle par la grossesse, ou par le moment où une<br />
femme se présente dans un établissement de santé pour accoucher. Pourtant, une grossesse sans<br />
risque commence bien plus tôt : lorsqu’une jeune fille reste scolarisée, lorsqu’elle dispose<br />
d’informations fiables et adaptées à son âge sur sa santé, lorsqu’elle a la liberté de prendre des<br />
décisions concernant son avenir, et lorsqu’elle a accès à des services de santé où elle peut poser des<br />
questions et recevoir des soins sans crainte ni jugement.</p>
<p>Pour une jeune femme, un départ en toute sécurité peut signifier disposer des informations et des<br />
moyens de contraception dont elle a besoin pour décider si, quand et à quelle fréquence elle<br />
souhaite avoir des enfants. En Afrique de l’Ouest et du Centre, environ une adolescente ou jeune<br />
femme sur quatre a accouché avant l’âge de 18 ans en 2023, soit environ 11 millions de jeunes<br />
femmes dont l’éducation et l’avenir ont été compromis avant qu’elles n’aient eu la possibilité de<br />
faire un autre choix, selon l’UNICEF. Garantir aux adolescentes et aux jeunes femmes l’accès à des<br />
services de santé sexuelle et reproductive confidentiels, respectueux et adaptés aux jeunes est<br />
essentiel pour leur offrir les informations, les soins et les options contraceptives dont elles ont<br />
besoin pour prendre elles-mêmes ces décisions.</p>
<p>Pourtant, aujourd’hui, nous sommes dans une meilleure situation que jamais, car nous savons ce<br />
qui fonctionne et ce qu’il faudra pour opérer un changement durable dans la bonne direction. Au<br />
Sénégal, on estime à 900 000 le nombre de femmes ayant utilisé une méthode contraceptive moderne en 2025. FP2030 prévoit que cette utilisation permettra d’éviter 350 000 grossesses non<br />
désirées et environ 640 décès maternels.<br />
Cela signifie qu’une femme de Tambacounda ou de Matam peut décider du moment d’agrandir sa<br />
famille, et que les grossesses surviennent lorsque les femmes y sont prêtes. La contraception<br />
permet également aux mères d’espacer leurs naissances en toute sécurité, ce qui protège à la fois la<br />
mère et l’enfant. Dans les 14 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre étudiés par FP2030, plus de 10<br />
% des naissances ont eu lieu dans les 24 mois suivant une naissance précédente, soit en deçà de<br />
l’espacement recommandé par l’Organisation mondiale de la Santé. Les recherches menées en<br />
Afrique subsaharienne montrent systématiquement que les femmes dont la grossesse est désirée<br />
sont plus susceptibles de bénéficier de l’ensemble du continuum de soins de maternité, depuis les<br />
consultations prénatales jusqu’à l’accouchement assisté par du personnel qualifié, tandis que les<br />
grossesses non désirées sont associées à des soins prénataux plus tardifs et moins adéquats. Les<br />
femmes ne devraient pas avoir à attendre d’être enceintes pour commencer à bénéficier d’un<br />
accompagnement leur permettant de mener une grossesse saine.</p>
<p>Ces avancées nationales s’inscrivent dans un effort régional plus large et coordonné. Depuis 15 ans,<br />
le Partenariat de Ouagadougou, seule plateforme multipartite à réunir de manière systématique<br />
neuf gouvernements d’Afrique de l’Ouest francophone autour d’une vision commune de la<br />
planification familiale, a contribué à ajouter environ 4 millions d’utilisatrices de contraception entre<br />
2011 et 2025, permettant d’éviter plus de 30,3 millions de grossesses non désirées et 1,8 millions<br />
décès maternels.</p>
<p>Ces progrès ne sont pas le fruit du hasard. Ils découlent de choix politiques délibérés. Le Burkina<br />
Faso, par exemple, a fait œuvre de pionnier en instaurant par décret la gratuité de la planification<br />
familiale à l’échelle nationale. La Côte d’Ivoire lui a emboîté le pas en février 2026, après une phase<br />
pilote concluante. La plupart des pays du Partenariat de Ouagadougou ont considérablement<br />
augmenté leurs financements nationaux en faveur de la planification familiale. Le Bénin a adopté<br />
l’une des législations les plus complètes et progressistes en matière de santé des femmes de la<br />
région du Partenariat de Ouagadougou, et les neuf pays membres ont tous élaboré des plans<br />
d’action nationaux budgétisés et pris des engagements formels dans le cadre de FP2030.</p>
<p>Lorsque les Jeux Olympiques de la Jeunesse s’ouvriront à Dakar le mois prochain, chaque athlète<br />
présent sur cette piste incarnera des années d’investissement que la plupart des spectateurs ne<br />
verront jamais. La survie de la mère lors de l’accouchement constitue le premier et le plus<br />
fondamental des investissements dans le potentiel de tout enfant à devenir l’un d’entre eux.<br />
Lorsqu’une mère survit, toute sa famille a plus de chances de s’épanouir. Dans le cas contraire, son<br />
bébé n’a que 37 % de chances d’atteindre son premier anniversaire.<br />
Personne ne s’attend à ce que chaque enfant né cette année devienne un athlète olympique. Mais<br />
chaque enfant mérite de bénéficier des conditions qui rendent tout avenir possible, et ces<br />
conditions sont définies bien avant la naissance.</p>
<p>L’investissement nécessaire pour y parvenir ne se limite pas aux produits de base ou aux cliniques.<br />
Il faudra des filles et des femmes informées, des services de planification familiale accessibles,<br />
volontaires et fondés sur les droits, ainsi que des professionnels de santé formés et équipés pour prodiguer des soins respectueux et de qualité. Il faudra aussi relier entre eux les services de santé<br />
reproductive, maternelle, néonatale et des adolescents, plutôt que de les traiter comme des lignes<br />
budgétaires distinctes. Enfin, il faudra un financement durable des systèmes de santé, en particulier<br />
dans nos pays, où la population des jeunes croît plus rapidement que les systèmes de santé mis en<br />
place pour la servir.</p>
<p>Les Jeux olympiques nous offrent un cadre de référence pour comprendre l’importance d’investir<br />
dans le potentiel. Personne ne regarde un athlète d’élite en pensant que son succès s’est construit le<br />
jour même de la course. Nous comprenons que la réussite se construit au fil du temps. Nous<br />
devrions envisager la santé et l’avenir des femmes et des filles de la même manière.<br />
À l’occasion de cette Journée mondiale de la contraception, alors que Dakar s’apprête à accueillir les<br />
jeunes athlètes du monde entier, nous appelons les gouvernements et les bailleurs de fonds de<br />
toute la région à combler le déficit de financement de la planification familiale. Chaque champion<br />
que Dakar célébrera le mois prochain avait une équipe derrière lui bien avant que quiconque ne le<br />
remarque. Les mères et les enfants méritent cette même équipe, et ce même départ en toute<br />
sécurité, bien avant que leur propre course ne commence.</p>
<p>Co-écrit par : Marie Ba, Directrice de l’Unité de coordination du Partenariat de Ouagadougou (PO)<br />
et Dr Alain Damiba, Directeur général du Hub régional FP2030 pour l’Afrique du Nord, de l’Ouest<br />
et du Centre</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Quatre mille cinq cents milliards en sommeil : le vrai chantier du crédit au Sénégal</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Koomsante Senegal]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Sep 2026 18:40:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
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					<description><![CDATA[Les banques de l&#8217;UEMOA immobilisent auprès de la banque centrale quatre fois plus de réserves que la réglementation n&#8217;en exige. Cette prudence a des causes précises, que la recherche économique documente depuis vingt ans. Un opérateur peut en traiter une partie dès aujourd&#8217;hui. Le reste appartient aux réformes. Par Abdoul Wahab Kane, Directeur Général de [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les banques de l&rsquo;UEMOA immobilisent auprès de la banque centrale quatre fois plus de réserves que la réglementation n&rsquo;en exige. Cette prudence a des causes précises, que la recherche économique documente depuis vingt ans. Un opérateur peut en traiter une partie dès aujourd&rsquo;hui. Le reste appartient aux réformes. Par Abdoul Wahab Kane, Directeur Général de Casa Orascom Sénégal, promoteur du projet Ville Verte au Lac Rose</strong><em>.</em></p>
<p><strong>Une liquidité passive</strong></p>
<p>Les chiffres publiés par la BCEAO en juin, relayés par l&rsquo;Agence Ecofin, méritent toute notre attention. Sur la période de constitution de février-mars 2026, les banques de l&rsquo;Union ont immobilisé 6 008 milliards de francs CFA de réserves auprès de la banque centrale, pour une exigence réglementaire d’environ 1 500 milliards. L&rsquo;excédent atteint 4 508 milliards, en hausse de 63 % sur la période, et demeure intégralement non rémunéré. Ces mêmes banques renoncent ainsi à un rendement interbancaire moyen de 4,52 %.</p>
<p>La conséquence se lit dans la transmission monétaire. La BCEAO a abaissé son taux directeur à 3,00 % en mars. Le guichet de refinancement a suivi de 70 points de base, le marché interbancaire de 59 points. Le taux appliqué à la clientèle n’a bougé que d&rsquo;un point de base, à 6,72 %. En glissement annuel, le crédit à l&rsquo;économie ralentit à 4,4 %, pendant que le portefeuille de titres publics des banques progresse de 11 %. La liquidité existe. Elle dort à la banque centrale et alternativement, finance l&rsquo;État.</p>
<p>Une banque qui accepte 0 % là où le marché lui offre 4,52 % nous transmet une information précieuse : elle met un prix très élevé sur la sécurité. La question utile est de comprendre de quoi, exactement, elle se protège.</p>
<p><strong>Les quatre incertitudes du prêteur</strong></p>
<p>Un prêt repose sur quatre certitudes. Savoir qui est le débiteur. Savoir où le trouver. Pouvoir recouvrer sa créance à une date donnée si le contrat cesse d&rsquo;être honoré. Disposer d&rsquo;un actif saisissable en garantie. Au Sénégal, comme dans la majeure partie du continent, chacune de ces certitudes est fragile : un état civil aux identifiants multiples, un adressage physique incomplet, des procédures de recouvrement dont la durée et l&rsquo;issue échappent au créancier, et un stock de titres fonciers trop mince pour servir de gage à grande échelle.</p>
<p>La recherche académique a mesuré le poids de chacun de ces freins. L&rsquo;étude de référence, conduite sur 129 pays, établit que deux variables expliquent l&rsquo;essentiel des écarts de crédit privé entre nations : la force des droits des créanciers et le partage d&rsquo;information sur les emprunteurs (Djankov, McLiesh et Shleifer, Journal of Financial Economics, 2007).</p>
<p><strong>Sur l&rsquo;identité du débiteur</strong>, l&rsquo;expérience la plus parlante vient du Malawi : la simple prise d&#8217;empreintes digitales des emprunteurs a fortement amélioré le remboursement des profils les plus risqués, en rendant le défaut traçable (Giné, Goldberg et Yang, American Economic Review, 2012). À l&rsquo;échelle macroéconomique, l&rsquo;introduction de bureaux de crédit réduit le coût de la dette des entreprises, et l&rsquo;effet est maximal là où les institutions sont les plus faibles (Fosu et al., Financial Review, 2023).</p>
<p><strong>Sur le recouvrement</strong>, deux quasi-expériences font autorité. En Inde, la création de tribunaux spécialisés de recouvrement a réduit les impayés de 28 % sur le prêt moyen (Visaria, American Economic Journal: Applied Economics, 2009). Au Brésil, à loi identique, les entreprises relevant de tribunaux moins congestionnés ont obtenu davantage de crédit, investi davantage et produit davantage après la réforme des faillites de 2005 (Ponticelli et Alencar, Quarterly Journal of Economics, 2016). La vitesse du juge est une variable monétaire. L&rsquo;expérience indienne apporte aussi un avertissement : le durcissement du recouvrement a élargi le crédit des grands emprunteurs et renchéri celui des petits (Lilienfeld-Toal, Mookherjee et Visaria, Econometrica, 2012). Une réforme juste anticipe cet effet distributif.</p>
<p><strong>Sur les gages</strong>, les registres de sûretés mobilières, les équipements, le stock et les créances, augmentent l&rsquo;accès des entreprises au financement bancaire d&rsquo;environ 8 points de pourcentage, avec un effet renforcé sur les plus petites (Love, Martinez Peria et Singh, Journal of Financial Services Research, 2016).</p>
<p><strong>Ce que le titre foncier fait vraiment</strong></p>
<p>Le titre foncier occupe une place à part dans ce tableau, et les données imposent une lecture précise. Les grands programmes de titrisation étudiés par les économistes ont produit un résultat constant : l&rsquo;investissement des ménages dans leur logement augmente fortement, la scolarisation des enfants progresse, et le recours au crédit reste quasiment inchangé (Galiani et Schargrodsky, Journal of Public Economics, 2010 ; Field, Quarterly Journal of Economics, 2007).</p>
<p>D&rsquo;où vient alors l&rsquo;argent investi ? Des fonds propres des ménages. Le titre change le rendement de l&rsquo;investissement : tant que je risque l&rsquo;expulsion, chaque franc mis dans ma maison est un franc en danger ; une fois titré, chaque franc investi m&rsquo;appartient. Les ménages compriment leur consommation, mobilisent leur propre travail, puisent dans l&rsquo;épargne informelle, que ce soit dans les tontines ou dans le bétail, et dans les transferts de la diaspora. Chez nous, cette épargne a même une forme visible : le parpaing. Des quartiers entiers se construisent un sac de ciment à la fois, au rythme où l&rsquo;épargne se forme. Le titre accélère la conversion de cette épargne en murs.</p>
<p>L&rsquo;enseignement est structurant : le titre crée de des fonds propres mobilisables ; le crédit, lui, exige la chaîne complète : identité, information, registre, juge. Au Sénégal, ce capital de fonds propres est abondant. Les transferts de la diaspora représentent plus du dixième du PIB. Les tontines collectent chaque mois une épargne considérable. Cette richesse construit déjà le pays. Elle le construit sans le levier dette.</p>
<p><strong>Organiser aujourd&rsquo;hui ce que le système financier organisera demain</strong></p>
<p>Un opérateur immobilier ne peut réformer ni l&rsquo;état civil, ni l&rsquo;adressage, ni les tribunaux. Il peut, en revanche, organiser à l&rsquo;échelle de son projet les certitudes qui manquent au marché. C&rsquo;est le sens de la VEFA Flex que propose Ville Verte, au Lac Rose.</p>
<p>Le principe est simple. L&rsquo;acquéreur réserve son logement avec un apport de 5 %. Il règle ensuite des mensualités pendant la durée de la construction, calées sur l&rsquo;avancement du chantier, dans le cadre légal de la vente en l&rsquo;état futur d&rsquo;achèvement, sur un foncier titré dès l&rsquo;origine. Il devient propriétaire d&rsquo;un actif enregistré, avec un calendrier connu du premier au dernier jour.</p>
<p>Ce mécanisme traite, une par une, les quatre incertitudes du prêteur. L&rsquo;identité : nous connaissons chaque débiteur, en relation directe, avec une vérification d&rsquo;entrée. La localisation : le contrat crée l&rsquo;adresse, puisque l&rsquo;actif financé est lui-même le lieu. Le recouvrement : les règles de sortie sont contractuelles, connues d&rsquo;avance des deux parties, avec des étapes datées ; le transfert de propriété suit le paiement. Le collatéral : le bien financé constitue sa propre garantie, adossée à un titre existant.</p>
<p>Surtout, la VEFA Flex épouse la façon dont l&rsquo;épargne sénégalaise se forme réellement. Les mensualités convertissent les fonds propres des ménages, les revenus réguliers ou non, les tontines et les transferts de la diaspora, en actifs titrés, au rythme où ces fonds propres apparaissent. Le mécanisme fait, à l&rsquo;échelle d&rsquo;un projet, le travail que le crédit hypothécaire fera un jour à l&rsquo;échelle du pays. Et il le prépare : chaque acquéreur en VEFA Flex Ville Verte se constitue un historique de paiement documenté, sur un actif enregistré, avec une identité vérifiée. Le jour où les banques déploieront leur liquidité vers le logement, elles trouveront des débiteurs identifiés, des historiques établis et des titres en règle. Pour des banques assises sur 4 508 milliards de réserves dormantes, un portefeuille d&rsquo;acquéreurs de ce profil constitue précisément le type d&rsquo;actif qui justifie de sortir de la thésaurisation. Nos discussions avec plusieurs établissements de la place vont dans ce sens.</p>
<p><strong>Le chantier commun</strong></p>
<p>Quatre réformes généraliseraient ce que chaque opérateur bricole aujourd&rsquo;hui dans son coin : un état civil numérique fiable et unique ; un adressage national ; des juridictions spécialisées de recouvrement, avec des délais opposables et une jurisprudence prévisible ; et des registres complets. Le titre foncier élargi et les sûretés mobilières dûment enregistrées, publiées et opposables aux tiers. Chacune a fait ses preuves ailleurs, avec des effets mesurés et publiés. Aucune n&rsquo;exige de ressources hors de portée : le Rwanda a titré l&rsquo;ensemble de son territoire pour environ 7 dollars (environ 4 000 francs CFA) par parcelle.</p>
<p>Le développement se mesure à la richesse créée. Aujourd&rsquo;hui, 4 508 milliards dorment à la banque centrale pendant que l&rsquo;épargne des ménages construit sans levier. Entre les deux, il manque une chose que ni la liquidité ni l&rsquo;épargne ne peuvent produire seules : de la confiance organisée. Le Sénégal a des matières premières des deux côtés du bilan. Il reste à bâtir le pont. À l&rsquo;échelle du continent, la même grammaire s&rsquo;applique,  et les pays qui l&rsquo;écriront les premiers capteront l&rsquo;épargne des autres.</p>
<p><strong>Abdoul Wahab Kane </strong></p>
<p><strong> Administrateur Général de Ville Verte (Casa Orascom), au Lac Rose, Sénégal.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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			</item>
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		<title>La flamme olympique : une histoire, des valeurs, une mémoire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[koom sante]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Sep 2026 17:25:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITES]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Sports]]></category>
		<category><![CDATA[#flammeOlympique]]></category>
		<category><![CDATA[#histoire]]></category>
		<category><![CDATA[#mémoire]]></category>
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					<description><![CDATA[La flamme olympique est au Sénégal. Sa présence, dans le cadre des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026, offre à notre pays un moment exceptionnel de partage, de fraternité et de rassemblement. Mais la flamme ne se résume pas à un symbole des Jeux. Elle porte en elle l’esprit et les valeurs de l’olympisme [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[



La flamme olympique est au Sénégal. Sa présence, dans le cadre des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026, offre à notre pays un moment exceptionnel de partage, de fraternité et de rassemblement.

Mais la flamme ne se résume pas à un symbole des Jeux. Elle porte en elle l’esprit et les valeurs de l’olympisme : la paix, l’amitié, le respect, la solidarité et le rapprochement entre les peuples. C’est pourquoi sa présence dans notre pays doit être l’occasion de mieux faire connaître ces valeurs et surtout de les faire vivre, particulièrement auprès de notre jeunesse.

La flamme est également une flamme de mémoire. Sa présence aujourd’hui au Sénégal nous invite à nous souvenir de nos collègues et compagnons aujourd’hui disparus, qui ont consacré leur vie au sport et porté haut les valeurs de l’olympisme jusqu’à leur dernier souffle : Abdoul Wahab Barka Ba, Garang Coulibaly, Doudou Sène, Alain-Claude Monteiro, et tant d’autres.

À travers eux, je voudrais rendre hommage à toutes celles et tous ceux qui ont œuvré et qui œuvrent encore au sein du Comité National Olympique et Sportif Sénégalais pour porter haut les couleurs de notre pays et faire vivre l’idéal olympique.

Leur engagement, souvent discret mais combien précieux, a contribué à construire et à faire rayonner le mouvement olympique sénégalais. C’est cet héritage qu’il nous appartient aujourd’hui de préserver et de transmettre. Accueillir la flamme, c’est donc bien plus que la regarder passer : c’est en comprendre le message, honorer la mémoire de celles et ceux qui ont œuvré pour l’olympisme et faire vivre ses valeurs auprès des générations futures.

 

Que son passage au Sénégal soit ainsi un moment de rassemblement, de fraternité et de transmission.

 

Aucun Sénégalais ne devrait rester à l’écart de ce moment exceptionnel ni perdre de vue le sens profond de la flamme olympique. Que la flamme qui éclaire aujourd’hui notre pays ravive en nous la mémoire de ceux qui nous ont quittés, et qu’Allah SWT accueille nos collègues disparus dans Son Paradis Firdaws et leur accorde Sa Miséricorde. Amine.

 

<strong>Mansour Sy, ancien Ministre</strong>

 

Directeur de cours avancés en management du sport du CIO



]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>*Fmi et finances publiques : Redresser le pays sans faire payer la crise aux Sénégalais*</title>
		<link>https://koomsante.com/fmi-et-finances-publiques-redresser-le-pays-sans-faire-payer-la-crise-aux-senegalais/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[koom sante]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Sep 2026 20:43:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITES]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[#abdoulayeWilane]]></category>
		<category><![CDATA[#FinancesPubliques]]></category>
		<category><![CDATA[#FMI]]></category>
		<category><![CDATA[#SénégalCrise]]></category>
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					<description><![CDATA[Il faut regarder la situation de notre pays telle qu’elle est, sans faux-fuyants mais aussi sans réécrire l’histoire. Les finances publiques du Sénégal sont sous forte contrainte. Le poids de la dette réduit considérablement les marges de manœuvre de l’État. Nous devons retrouver une situation qui permette à notre pays de financer son économie, ses [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Il faut regarder la situation de notre pays telle qu’elle est, sans faux-fuyants mais aussi sans réécrire l’histoire.</p>
<p>Les finances publiques du Sénégal sont sous forte contrainte. Le poids de la dette réduit considérablement les marges de manœuvre de l’État. Nous devons retrouver une situation qui permette à notre pays de financer son économie, ses services publics et son développement dans de meilleures conditions.</p>
<p>Le reconnaître ne vaut quitus pour personne.</p>
<p>Cela ne signifie pas davantage que nous partageons la politique économique conduite depuis l’alternance. Après plus de deux années au pouvoir, le Gouvernement doit répondre de ses propres choix, de ses hésitations, des retards accumulés et des conséquences qu’ils ont produites.</p>
<p>Nous l’avons dit après la Déclaration de politique générale : le temps du diagnostic ne peut pas durer indéfiniment. Certaines difficultés viennent de loin, d’autres se sont aggravées depuis l’alternance. Mais à un moment donné, gouverner consiste précisément à apporter des réponses aux problèmes du pays, et non à expliquer sans cesse pourquoi ils existent.</p>
<p>C’est dans cet esprit que nous regardons les discussions engagées avec le Fonds monétaire international.</p>
<p>La reprise de ce dialogue était devenue nécessaire compte tenu de la situation financière du Sénégal. Mais qu’on ne se méprenne pas sur notre position : un accord avec le FMI ne constitue ni une politique économique, ni un bilan, encore moins une victoire en soi.</p>
<p>Il faut maintenant regarder ce qu’il contient, ce qu’il implique et surtout ce qu’il coûtera réellement aux Sénégalais.</p>
<p>*2,2 MILLIARDS DE DOLLARS : PARLONS JUSTE*</p>
<p>Depuis l’annonce de l’accord technique avec le FMI, un chiffre revient beaucoup : 2,2 milliards de dollars.</p>
<p>Présenté ainsi, il peut donner le sentiment qu’une manne financière vient d’être mise à la disposition du Sénégal.</p>
<p>Ce n’est pas le cas.</p>
<p>Il s’agit d’un programme prévu sur trois ans. Les 2,2 milliards de dollars ne seront donc pas versés immédiatement dans les caisses de l’État. Le programme doit encore suivre les procédures du Fonds et les décaissements interviendront progressivement. C’est d’ailleurs ce qui ressort des précisions apportées sur le dispositif.</p>
<p>Disons-le simplement : 2,2 milliards annoncés ne signifient pas 2,2 milliards disponibles aujourd’hui.</p>
<p>Cette précision n’enlève rien à l’importance des financements dont le Sénégal a besoin. Elle évite seulement de transformer une étape dans un processus en résultat déjà acquis.</p>
<p>Après tout ce que notre pays a vécu ces derniers mois autour de ses finances publiques, la parole de l’État doit être précise. Les Sénégalais ont suffisamment entendu de chiffres. Ils ont maintenant besoin de savoir ce qu’ils signifient concrètement.</p>
<p>Et la vraie question commence précisément là.</p>
<p>Qui va supporter l’effort du redressement ?</p>
<p>*DERRIÈRE LES CHIFFRES, IL Y A LA VIE DES SÉNÉGALAIS*</p>
<p>Le FMI parle de mobilisation des recettes, de rationalisation des dépenses, de gestion de la dette, d’arriérés et de réforme de certaines subventions. Ce sont des expressions familières aux économistes et aux spécialistes des finances publiques.</p>
<p>Mais les Sénégalais ne vivent pas dans un tableau Excel.</p>
<p>Ils vivent avec un salaire qui doit tenir jusqu’à la fin du mois. Avec une facture d’électricité. Avec le transport, le loyer, les dépenses de santé, la scolarité des enfants et le panier de la ménagère.</p>
<p>Il y a aussi le commerçant qui cherche à maintenir son activité, l’artisan qui peine à trouver des débouchés, l’agriculteur confronté à ses charges, la petite entreprise qui se bat pour payer ses salariés.</p>
<p>Ceux d’entre nous qui exercent des responsabilités dans les collectivités territoriales rencontrent quotidiennement ces réalités. Derrière les grands équilibres dont nous débattons à Dakar, il y a des familles qui font déjà des arbitrages sur des dépenses essentielles.</p>
<p>C’est cela qu’il ne faut jamais oublier lorsqu’on parle de redressement.</p>
<p>Quand le Gouvernement annonce qu’il faut mobiliser davantage de recettes, qu’il dise clairement où il compte les trouver.</p>
<p>Quand il parle de rationalisation des dépenses, qu’il dise lesquelles.</p>
<p>Quand il envisage de revoir certaines subventions, qu’il explique auparavant qui sera touché et qui sera protégé.</p>
<p>Les Sénégalais ne doivent pas découvrir dans quelques mois, à travers une nouvelle taxe, une hausse de prix ou la disparition d’un mécanisme de soutien, ce que le redressement leur coûtera réellement.</p>
<p>Le Gouvernement doit présenter l’équation avant de présenter la facture.</p>
<p>*L’ÉTAT DOIT COMMENCER PAR LUI-MÊME*</p>
<p>Pour nous socialistes, le redressement des finances publiques ne peut pas être une affaire de chiffres seulement. Il pose immédiatement une question de justice.</p>
<p>Nous ne défendons pas l’immobilisme. Nous savons que certaines décisions peuvent être difficiles. Mais nous refusons que l’on prenne l’habitude de demander toujours davantage aux mêmes : aux salariés, aux retraités, aux classes moyennes, aux petites entreprises et aux familles qui supportent déjà l’essentiel des difficultés quotidiennes.</p>
<p>Et avant de demander de nouveaux sacrifices aux citoyens, l’État doit commencer par faire sa propre part.</p>
<p>Cela veut dire regarder sérieusement son train de vie. Cela veut dire s’attaquer aux dépenses improductives, aux doublons administratifs, au gaspillage et aux dépenses qui ne sont plus justifiables dans la situation actuelle.</p>
<p>Soyons également clairs sur ce point : le train de vie de l’État n’explique pas, à lui seul, les difficultés financières du Sénégal. Prétendre le contraire serait trop facile.</p>
<p>Mais un État qui demande des sacrifices à sa population doit commencer par être exemplaire dans sa propre dépense.</p>
<p>Les Sénégalais peuvent comprendre qu’un pays traverse une période difficile. Ce qu’ils accepteront beaucoup moins, c’est qu’on leur demande de se serrer davantage la ceinture sans leur montrer que ceux qui gouvernent font eux-mêmes les efforts qu’ils exigent des autres.</p>
<p>L’exemplarité n’est pas une formule. Dans une période comme celle-ci, elle devient une condition de la confiance.</p>
<p>*SUBVENTIONS : NE PAS CONFONDRE RÉFORME ET ABANDON*</p>
<p>La question des subventions énergétiques mérite également d’être abordée sans dogmatisme.</p>
<p>Certaines peuvent être coûteuses ou mal ciblées. Lorsqu’une aide publique profite davantage à ceux qui n’en ont pas besoin qu’aux ménages modestes, il est légitime d’en revoir le mécanisme.</p>
<p>Mais une réforme qui paraît parfaite dans un tableau peut produire des conséquences très différentes dans un ménage.</p>
<p>Si certaines subventions doivent être réformées, le Gouvernement doit donc dire avant toute décision qui sera protégé, selon quels critères et par quel mécanisme. C’était déjà une exigence centrale de notre analyse initiale.</p>
<p>Il ne suffit pas de supprimer une ligne de dépense pour dire que l’on a bien réformé.</p>
<p>Une bonne réforme doit permettre à l’État de dépenser mieux tout en protégeant mieux ceux qui en ont réellement besoin.</p>
<p>Sur l’électricité, le carburant et plus généralement sur les dépenses qui touchent directement au coût de la vie, nous serons particulièrement vigilants.</p>
<p>*LE FMI NE GOUVERNE PAS LE SÉNÉGAL*</p>
<p>Il y a enfin un point sur lequel je veux être très clair.</p>
<p>Qu’on ne vienne pas demain expliquer aux Sénégalais que telle taxe, telle hausse ou telle suppression de subvention aurait simplement été « imposée par le FMI ».</p>
<p>Nous connaissons trop bien cette vieille facilité.</p>
<p>Le FMI négocie avec le Sénégal. Il apporte des financements, formule des recommandations et pose des conditions dans le cadre des programmes qu’il conclut avec les États.</p>
<p>Mais le FMI ne gouverne pas le Sénégal.</p>
<p>Ce sont les autorités sénégalaises qui négocient, arbitrent et décident. Et ce sont elles qui doivent répondre de leurs décisions devant le peuple sénégalais. C’est d’ailleurs le principe que nous avions posé dans notre première analyse : la responsabilité politique des choix demeure celle des autorités nationales.</p>
<p>Le pouvoir ne peut pas revendiquer le mérite de l’accord lorsque cela l’arrange et, demain, désigner le FMI comme responsable lorsque viendront les décisions impopulaires.</p>
<p>Gouverner, c’est choisir. Et choisir, c’est assumer.</p>
<p>*NOTRE RESPONSABILITÉ EST DE PROPOSER UNE AUTRE VOIE*</p>
<p>Le Parti socialiste ne souhaite pas l’échec du Sénégal parce qu’il est dans l’opposition. Notre pays doit retrouver sa crédibilité financière et des marges de manœuvre pour investir.</p>
<p>Mais cela ne signifie nullement que nous donnons quitus au Gouvernement actuel, encore moins que nous partageons sa politique.</p>
<p>Nous avons notre propre conception du redressement.</p>
<p>Nous pensons qu’il est possible de retrouver des finances publiques solides sans faire de l’appauvrissement des ménages la variable d’ajustement.</p>
<p>Cela suppose un État plus sobre dans son fonctionnement, une dépense publique mieux orientée et une fiscalité plus juste. Cela suppose aussi de mieux mobiliser les ressources qui échappent encore à l’impôt au lieu de revenir constamment vers ceux qui contribuent déjà.</p>
<p>Mais surtout, il faut sortir d’une vision du redressement qui ne regarderait que les dépenses.</p>
<p>Un pays ne sort pas durablement de ses difficultés uniquement en comprimant ses charges.</p>
<p>Il doit produire davantage.</p>
<p>Il doit soutenir ses entreprises, son agriculture et ses territoires. Il doit créer des emplois. Il doit investir là où l’investissement prépare réellement l’avenir. Il doit permettre à son secteur privé de grandir et créer suffisamment de richesses pour financer durablement les politiques sociales dont notre population a besoin.</p>
<p>C’est aussi sur ce terrain que nous attendons le Gouvernement.</p>
<p>Le Sénégal doit redresser ses finances. Nous ne le contestons pas. Certaines décisions seront probablement difficiles.</p>
<p>Mais, au bout du compte, la réussite ne se mesurera pas seulement au déficit, au niveau de la dette ou à l’appréciation de nos partenaires financiers.</p>
<p>Elle se mesurera à une question beaucoup plus simple :</p>
<p>après les efforts demandés, les Sénégalais vivent-ils mieux ou moins bien ?</p>
<p>C’est là-dessus qu’un Gouvernement doit être jugé.</p>
<p>Notre position est donc claire : ni immobilisme, ni austérité aveugle. Ni déni des réalités financières, ni transfert de la facture sur ceux qui ont déjà le plus de difficultés à la payer.</p>
<p>Nous défendons un redressement sérieux, mais juste. Un État plus exemplaire, mais aussi une économie plus productive. Des comptes publics mieux tenus, mais au service d’une ambition économique et sociale.</p>
<p>Redresser les comptes est une nécessité. Préserver la cohésion de notre société en est une autre. L’une ne doit pas se faire au détriment de l’autre.</p>
<p>C’est notre conception de la responsabilité.</p>
<p>Et c’est, tout simplement, notre conception de la justice sociale.</p>
<p>*Abdoulaye WILANE*</p>
<p>*Porte-parole du Parti Socialiste du Sénégal*</p>
]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Xénophobie: Le Sénégal doit protéger sans rejeter (Abdoulaye Wilane)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[koom sante]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Sep 2026 19:42:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITES]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[#abdoulayeWilane]]></category>
		<category><![CDATA[#ProtectionRejet]]></category>
		<category><![CDATA[#Sénégal]]></category>
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					<description><![CDATA[Le Sénégal traverse une période de tensions économiques et sociales profondes. Le chômage des jeunes estimé à 35% par l’ANSD, la vie chère, la précarité des emplois et le découragement d’une partie de notre jeunesse sont des réalités que nul ne peut nier. Ces urgences appellent des réponses fortes, rapides et crédibles de la puissance [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Sénégal traverse une période de tensions économiques et sociales profondes. Le chômage des jeunes estimé à 35% par l’ANSD, la vie chère, la précarité des emplois et le découragement d’une partie de notre jeunesse sont des réalités que nul ne peut nier. Ces urgences appellent des réponses fortes, rapides et crédibles de la puissance publique.</p>
<p>Dans ce contexte, il est humain de chercher des explications. Mais il serait irresponsable et dangereux de faire de l’étranger le bouc émissaire de nos propres insuffisances.</p>
<p>Le Sénégal ne s’est pas construit dans le repli. Il s’est construit dans l’accueil, le brassage, la coexistence pacifique et l’ouverture sur le monde. De Saint-Louis à Ziguinchor, de Dakar à Tambacounda, notre histoire est faite de communautés venues d’ici et d’ailleurs qui ont bâti ensemble.</p>
<p>Des générations de Sénégalais ont aussi vécu, étudié, travaillé et entrepris en Afrique, en Europe, en Amérique et au Moyen-Orient. Plus de 3 millions de nos compatriotes vivent hors du pays et font vivre des centaines de milliers de familles.</p>
<p>Nous ne pouvons pas exiger dignité et respect pour nos frères de la diaspora tout en tolérant chez nous des discours qui stigmatisent des hommes et des femmes à cause de leur passeport ou de leur nom.</p>
<p>Ces dernières semaines, nous avons vu se banaliser des appels au boycott de certains commerces, des amalgames sur les réseaux sociaux, des généralisations blessantes. Le Parti Socialiste dit stop. Le Sénégal ne doit pas se renier.</p>
<p>### I. LA PRÉFÉRENCE NATIONALE OUI. LA XÉNOPHOBIE NON.</p>
<p>Protéger d’abord les Sénégalais est un devoir régalien. Le Parti Socialiste l’a toujours défendu dans ses gouvernements et dans l’opposition.</p>
<p>Un État a le droit et le devoir de :</p>
<ol>
<li>Organiser et réguler son marché du travail</li>
<li>Protéger ses secteurs stratégiques : agriculture, pêche, artisanat, transport</li>
<li>Lutter contre l’emploi clandestin et la concurrence déloyale</li>
<li>Faire respecter la législation du travail, du commerce et de l’immigration</li>
<li>Créer prioritairement des opportunités pour sa jeunesse</li>
</ol>
<p>Mais tout cela relève de la loi, de la réglementation et de l’autorité de l’État. Cela ne relève pas de la haine, de la stigmatisation ni de la xénophobie.</p>
<p>Un étranger qui respecte les lois du Sénégal, qui paie ses impôts, qui crée des emplois, qui investit ou qui participe à notre économie ne peut pas être tenu collectivement pour responsable du chômage ou de la vie chère.</p>
<p>Gouverner, c’est faire appliquer la règle pour tous. Ce n’est pas désigner un coupable par sa nationalité.</p>
<p>### II. NOMMER LES VRAIES CAUSES DE NOS DIFFICULTÉS</p>
<p>Si des milliers de jeunes diplômés ne trouvent pas d’emploi, la réponse n’est pas dans le visage du commerçant d’à côté. Elle est dans notre capacité collective à :</p>
<ol>
<li>Former : Adapter nos écoles et centres de formation aux métiers d’avenir</li>
<li>Produire : Relancer l’industrialisation et la transformation locale</li>
<li>Investir : Mobiliser l’épargne nationale et attirer l’investissement productif</li>
<li>Organiser : Mettre fin à l’informel massif et à la fraude fiscale</li>
</ol>
<p>Si certains secteurs connaissent des dérèglements, si des pratiques commerciales violent la loi, alors l’État doit sévir. Mais il doit sévir contre l’acte illégal, pas contre une nationalité.</p>
<p>Faire croire aux Sénégalais qu’en s’en prenant aux étrangers nous réglerons le chômage, la cherté de la vie ou le désordre urbain serait une tromperie. Nous ne construirons pas l’emploi des Sénégalais sur le dos du voisin. Nous le construirons avec des usines, des écoles, des ports, des champs et des règles justes pour tous.</p>
<p>### III. LA RÉCIPROCITÉ : LE SORT DE NOS COMPATRIOTES À L’ÉTRANGER</p>
<p>Le Sénégal est une grande nation d’émigration.</p>
<p>À Paris, à Milan, à New York, à Abidjan, à Libreville, nos frères et sœurs se lèvent tôt. Ils travaillent dans la santé, le bâtiment, le commerce, l’enseignement. Ils envoient chaque année plus de 1000 milliards FCFA à leurs familles.</p>
<p>Quel Sénégalais accepterait que son fils, sa sœur ou son cousin soit arrêté, humilié ou chassé d’un pays simplement parce qu’il est Sénégalais ?</p>
<p>La dignité que nous réclamons pour les nôtres, nous devons l’accorder aux autres.</p>
<p>C’est une question de cohérence, de morale et d’intérêt national.</p>
<p>### IV. L’AVENIR DE L’AFRIQUE PASSE PAR L’INTÉGRATION, PAS PAR LE REJET</p>
<p>Notre génération a le devoir de bâtir l’Afrique.</p>
<p>La CEDEAO, la ZLECAF, la libre circulation des personnes et des biens ne sont pas des slogans. Ce sont des outils pour créer un marché de 400 millions de personnes, pour faire baisser les prix, pour créer des champions régionaux.</p>
<p>Fermer nos esprits et nos frontières, c’est condamner nos PME à rester petites, c’est priver nos universités d’étudiants, c’est affaiblir notre voix diplomatique.</p>
<p>Le patriotisme n’est pas la xénophobie. Aimer le Sénégal ne signifie jamais détester celui qui vient d’ailleurs.</p>
<p>Défendre les intérêts des Sénégalais ne nécessite jamais d’humilier un autre peuple.</p>
<p>### V. NOS PROPOSITIONS CONCRÈTES : AGIR SANS STIGMATISER</p>
<p>Le Parti Socialiste demande à l’État d’assumer pleinement son rôle de régulateur. Nous proposons 5 mesures urgentes :</p>
<ol>
<li>Contrôle et équité : Déployer des brigades mixtes Travail-Commerce-Impôts pour des contrôles inopinés dans tous les marchés. Les mêmes règles pour tous, quelle que soit la nationalité.</li>
<li>Formalisation : Créer un guichet unique « Investir au Sénégal » pour accompagner la régularisation des travailleurs et entrepreneurs étrangers en règle, et démanteler les réseaux d’emploi clandestin.</li>
<li>Préférence productive : Mettre en place un fonds de garantie « Sénégalais d’abord » de 100 milliards pour financer les PME sénégalaises dans l’agro-alimentaire, le numérique, le bâtiment et les services.</li>
<li>Formation-emploi : Lancer un grand plan de qualification de 200 000 jeunes par an dans les métiers en tension, avec obligation d’embauche locale pour les entreprises bénéficiaires de marchés publics.</li>
<li>Dialogue : Organiser des assises nationales sur l’emploi et la concurrence pour apaiser le débat et sortir des solutions partagées.</li>
</ol>
<p>### NOTRE APPEL SOLENNEL</p>
<p>Le Parti Socialiste appelle :</p>
<ol>
<li>Les responsables politiques : à bannir de leurs discours toute forme de généralisation xénophobe.</li>
<li>Les médias et influenceurs : à vérifier l’information avant de relayer la stigmatisation.</li>
<li>La société civile : à promouvoir le vivre-ensemble et la cohésion.</li>
<li>Tous les citoyens : à refuser la facilité du bouc émissaire.</li>
</ol>
<p>Car la question n’est pas de choisir entre « les Sénégalais » et « les étrangers ».</p>
<p>La vraie question est : voulons-nous un Sénégal qui se replie et qui a peur ? Ou un Sénégal confiant, régulé, qui protège les siens et qui gagne avec le monde ?</p>
<p>Le Sénégal a toujours su concilier fierté nationale et ouverture. C’est cette voie que nous devons garder.</p>
<p>LE SÉNÉGAL AUX SÉNÉGALAIS, OUI. PAR LE TRAVAIL ET LA LOI.</p>
<p>LE SÉNÉGAL CONTRE LES ÉTRANGERS, NON. PAR PRINCIPE ET PAR INTÉRÊT.</p>
<p>ABDOULAYE WILANE</p>
<p>Porte-parole du Parti Socialiste</p>
<p>Dakar, le 5 Septembre 2026</p>
]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Notation Moody’s : Et si la crise de la dette était le début de notre souveraineté financière ? (Par Lena Sène)</title>
		<link>https://koomsante.com/notation-moodys-et-si-la-crise-de-la-dette-etait-le-debut-de-notre-souverainete-financiere-par-lena-sene/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[koom sante]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Aug 2026 19:44:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITES]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[#criseDette]]></category>
		<category><![CDATA[#NotationMoody’s]]></category>
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					<description><![CDATA[La nouvelle dégradation par Moody’s de la note du Sénégal, à Caa2 ce 28 Aout 2026, est un avertissement sévère. Mais elle pourrait aussi forcer le Sénégal à accomplir la transformation financière qu’il n’a jamais vraiment engagée : passer d’un modèle fondé sur l’endettement à un modèle fondé sur le capital. Il y a des [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La nouvelle dégradation par Moody’s de la note du Sénégal, à Caa2 ce 28 Aout 2026, est un avertissement sévère. Mais elle pourrait aussi forcer le Sénégal à accomplir la transformation financière qu’il n’a jamais vraiment engagée : passer d’un modèle fondé sur l’endettement à un modèle fondé sur le capital.</p>
<p>Il y a des moments où une mauvaise nouvelle peut devenir une occasion de vérité. La décision de Moody’s d’abaisser la note souveraine du Sénégal à Caa2, avec une perspective négative, est incontestablement préoccupante. Elle traduit la perception d’un risque élevé, lié à la dette, au refinancement et à la capacité du pays à faire face à ses besoins financiers dans les prochaines années.</p>
<p>Nous devons avoir le courage de le reconnaître : <strong>le Sénégal traverse une crise financière sérieuse</strong>. Mais une crise financière n’est pas nécessairement une crise de destin.</p>
<p>Et surtout, <strong>une note souveraine ne résume jamais à elle seule la réalité économique d’un pay</strong>s. Elle mesure la capacité perçue d’un État à honorer ses engagements dans les conditions présentes. Elle ne mesure ni le potentiel d’un peuple, ni la valeur de son territoire, ni la capacité productive future de son économie. C’est précisément cette distinction qui doit guider notre réponse.</p>
<p>Le problème du Sénégal n’est pas seulement la dette. C’est notre façon de financer le développement. Pendant des années, comme beaucoup de pays africains, nous avons pensé le financement du développement principalement à travers l’emprunt. Lorsque nous avions besoin d’infrastructures, nous empruntions. Lorsque nous avions besoin de financer un déficit, nous empruntions. Lorsque les ressources budgétaires étaient insuffisantes, nous cherchions de nouveaux financements.</p>
<p>Ce modèle peut fonctionner lorsque la dette est maîtrisée, que la croissance est forte et que le coût du capital reste raisonnable. Il devient extrêmement vulnérable lorsque ces trois conditions disparaissent simultanément. C’est la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui.</p>
<p><strong>Comment construire une économie qui a besoin de moins de dette parce qu’elle génère davantage de capital…</strong></p>
<p>Le Sénégal doit donc se poser une question plus fondamentale que celle de savoir comment trouver le prochain financement. Mais plutôt, comment construire une économie qui a besoin de moins de dette parce qu’elle génère davantage de capital ? Cette question est beaucoup plus difficile. Mais elle est aussi beaucoup plus importante.</p>
<p>Le FMI peut aider à stabiliser. Il ne peut pas financer notre ambition à notre place. Il serait également illusoire de croire que le Sénégal peut simplement tourner le dos aux institutions financières internationales.</p>
<p>Le FMI demeure un acteur essentiel de la stabilisation macroéconomique et de la restauration de la crédibilité financière. Ses programmes peuvent aider à rétablir une trajectoire budgétaire soutenable, à renforcer la gouvernance et à restaurer progressivement la confiance des marchés.</p>
<p>Mais <strong>il faut comprendre ce que le FMI peut faire…et ce qu’il ne peut pas faire</strong>. Le FMI peut contribuer à stabiliser le Sénégal. Il ne peut pas construire à lui seul son modèle de développement.</p>
<p>La stabilisation est une étape. Le développement en est une autre. Et cette deuxième étape exige quelque chose que les programmes d’ajustement ne peuvent pas fournir à eux seuls : du capital de long terme.</p>
<p>Le véritable actif stratégique du Sénégal est peut-être sous nos yeux. Le Sénégal possède un patrimoine économique considérable : Des participations publiques. Des entreprises. Des infrastructures. Des concessions. Des terrains. Des ressources naturelles. Des institutions financières. Une population jeune. Une diaspora importante. Un secteur privé qui cherche des opportunités. Et, <em>last but not least</em>, une position géographique exceptionnelle entre l’Afrique de l’Ouest, l’Europe et les Amériques.</p>
<p>La question n’est donc pas uniquement de savoir ce que le Sénégal peut encore emprunter.</p>
<p>Elle est de savoir : Combien de capital ces actifs peuvent-ils permettre de mobiliser ? C’est une différence fondamentale. Un actif mal géré reste une charge. Un actif correctement gouverné peut devenir un instrument de financement. Et un portefeuille d’actifs stratégiques correctement valorisé peut devenir une véritable plateforme de mobilisation du capital.</p>
<h4><em>Il faut passer de la logique de la dette à celle de la capitalisation</em></h4>
<p>Il faut passer de la logique de la dette à celle de la capitalisation C’est ici qu’une nouvelle génération d’instruments financiers doit entrer dans le débat national. Le Sénégal pourrait notamment réfléchir à la constitution d’un Fonds national d’investissement doté d’une gouvernance professionnelle et indépendante, capable de regrouper, valoriser et gérer certains actifs stratégiques de l’État dans une logique de long terme. Ou, et ça comprendrait amplement, renforcer le FONSIS qui existe déjà et fait un travail salué par bien des spécialistes.</p>
<p>L’objectif ne serait pas de créer une nouvelle structure bureaucratique. Il serait exactement inverse : Créer un instrument financier professionnel capable de transformer des actifs publics en capital productif.</p>
<p>Un tel fonds pourrait, selon les actifs concernés et sous réserve d’une gouvernance rigoureuse : professionnaliser la gestion des participations publiques ; améliorer leur valorisation ; attirer des investisseurs institutionnels ; développer des partenariats public-privé ; mobiliser l’épargne domestique ; attirer le capital de la diaspora ; faciliter l’accès aux marchés de capitaux et financer des investissements productifs plutôt que les dépenses courantes.</p>
<p>La différence avec une nouvelle émission de dette est essentielle. <strong>La dette demande au futur de payer pour le présent. Le capital permet au présent d’investir dans le futur</strong>. Le capital sénégalais doit enfin jouer son rôle</p>
<p>Nous parlons souvent du manque de capitaux étrangers en Afrique. Nous parlons beaucoup moins de la manière dont nous utilisons nos propres capitaux. Pourtant, une partie significative de l’épargne nationale est déjà présente dans le système financier : banques, assurances, fonds de pension, entreprises, investisseurs privés et diaspora.</p>
<p>La question est de savoir comment mieux orienter cette épargne vers l’économie productive. Pourquoi l’épargne sénégalaise ne financerait-elle pas davantage les infrastructures sénégalaises ?</p>
<p>Pourquoi les investisseurs institutionnels sénégalais ne participeraient-ils pas davantage au financement de projets énergétiques, agricoles, industriels ou immobiliers ?</p>
<p>Pourquoi la diaspora devrait-elle uniquement envoyer de l’argent aux familles alors qu’elle pourrait aussi devenir un investisseur majeur dans le développement du pays ?</p>
<h4><strong>La souveraineté financière commence lorsque l’on apprend à mobiliser son propre capital</strong></h4>
<p>Le pétrole et le gaz ne doivent pas devenir une nouvelle dépendance. Le Sénégal dispose désormais d’un avantage que peu de générations ont connu : l’accès à des ressources pétrolières et gazières significatives.</p>
<p>Mais cette richesse comporte un risque. Celui de croire que les hydrocarbures peuvent résoudre tous les problèmes. Ils ne le peuvent pas.</p>
<p>Le pétrole et le gaz sont une fenêtre. Ils doivent servir à construire ce qui restera lorsque cette fenêtre se refermera : Des infrastructures. De l’énergie compétitive. Une industrie locale. Une agriculture plus productive. Des chaînes de valeur. Des compétences. Des entreprises. Du capital humain.</p>
<p>Et surtout, des actifs capables de produire des revenus longtemps après la fin du cycle des hydrocarbures. <strong>Le pétrole doit financer la transformation du Sénégal, pas simplement son fonctionnement. </strong>La confiance se reconstruit avec des institutions, pas avec des discours. <strong>La réponse à Moody’s ne doit donc pas être une bataille de communication</strong>. Elle doit être une bataille de crédibilité.</p>
<h4><em>Les investisseurs ne demandent pas la perfection</em></h4>
<p>Les investisseurs ne demandent pas la perfection. Ils demandent de la visibilité. Ils veulent savoir où va la dette. Comment les actifs publics sont valorisés. Comment les entreprises publiques sont gouvernées. Comment les revenus pétroliers sont utilisés. Comment les partenariats public-privé sont structurés. Comment les risques sont répartis entre l’État et le secteur privé. Et surtout, comment les décisions d’aujourd’hui amélioreront les capacités financières de demain.</p>
<p>C’est pourquoi <strong>la transparence n’est pas seulement une exigence morale</strong>. C’est un actif financier. Une meilleure gouvernance réduit le risque. Une réduction du risque réduit le coût du capital. Un coût du capital plus faible augmente l’investissement. Et davantage d’investissement augmente la croissance.</p>
<p><strong>La gouvernance n’est donc pas extérieure à l’économie</strong>. Elle fait partie du capital du pays.</p>
<h4><strong>La vraie souveraineté n’est pas de refuser l’aide. C’est de ne plus en dépendre structurellement</strong><em>.</em></h4>
<p>Il faut sortir d’une fausse opposition. <strong>Accepter l’appui du FMI ne signifie pas abandonner sa souveraineté</strong>. Attirer des investisseurs étrangers ne signifie pas renoncer à son indépendance. Faire appel aux marchés internationaux ne signifie pas perdre le contrôle de son économie.</p>
<p>La véritable souveraineté financière consiste à disposer de suffisamment d’options pour ne pas être prisonnier d’une seule source de financement. Un Sénégal financièrement souverain est un Sénégal qui peut choisir.</p>
<p>Choisir entre dette et capital. Entre financement domestique et financement international. Entre investissement public et partenariat privé. Entre conserver un actif public et ouvrir une partie de son capital. Entre financer la consommation et investir dans la production. C’est cette capacité de choix qu’il faut construire.</p>
<p>Caa2 doit être un réveil, pas une résignation. <strong>La dégradation de la note de Moody’s est donc un avertissement que nous devons prendre au sérieux</strong>. Mais elle peut aussi devenir un point de bascule.</p>
<p>Le Sénégal peut continuer à chercher des financements, année après année. Ou, il peut commencer à construire une architecture financière capable de produire elle-même davantage de capacité d’investissement. Il peut continuer à considérer ses actifs publics principalement comme des éléments du bilan de l’État. Ou il peut les considérer comme une partie du patrimoine économique national susceptible d’être valorisée au bénéfice des générations futures.</p>
<p>Il peut considérer le FMI comme la solution. Ou comprendre qu’il est un partenaire dans une trajectoire plus large. Il peut considérer le pétrole comme une manne. Ou l’utiliser pour financer la transformation productive du pays.</p>
<p>Le choix est devant nous. <strong>Le Sénégal possède encore quelque chose que les agences de notation ne peuvent pas dégrader : son potentiel.</strong></p>
<p>La notation souveraine peut baisser. Les marchés peuvent fermer temporairement leurs portes. Le coût du capital peut augmenter.</p>
<p>Mais aucun de ces phénomènes ne change la géographie du Sénégal. Ils ne changent pas sa position stratégique. Ils ne suppriment pas ses ressources naturelles. Ils ne suppriment pas son potentiel agricole. Ils ne suppriment pas sa jeunesse. Ils ne suppriment pas son secteur privé. Ils ne suppriment pas sa diaspora. Et ils ne suppriment certainement pas la capacité des Sénégalais à entreprendre, créer et investir.</p>
<h4><em>La véritable souveraineté économique ne consiste pas à ne jamais avoir besoin du monde</em></h4>
<p>La question n’est donc plus de savoir si le Sénégal possède les ressources nécessaires pour se redresser. La question est de savoir si nous saurons construire les institutions financières capables de transformer ces ressources en richesse durable. C’est là que se trouve notre véritable défi. Et peut-être aussi notre plus grande opportunité.</p>
<p><strong>Caa2 peut être le symbole d’une crise</strong>. Mais dans quelques années, nous pourrions regarder cette date différemment.</p>
<p>Comme le moment où le Sénégal a compris qu’il ne pouvait plus financer son avenir principalement avec la dette. Comme le moment où nous avons commencé à valoriser notre patrimoine. Comme le moment où notre épargne a commencé à financer davantage notre développement. Comme le moment où le pétrole et le gaz ont cessé d’être simplement des recettes pour devenir du capital. Comme le moment où le Sénégal a commencé à construire une véritable souveraineté financière.</p>
<p>La crise nous impose aujourd’hui une question difficile : comment financer notre avenir ? Notre réponse devrait être ambitieuse : non pas seulement en empruntant davantage, mais en devenant capables de mobiliser davantage de capital.</p>
<p>Car <strong>la véritable souveraineté économique ne consiste pas à ne jamais avoir besoin du monde</strong>. Elle consiste à être suffisamment fort pour pouvoir travailler avec le monde sans dépendre de lui.</p>
<p><strong>Lena Sène</strong></p>
<p><strong>*CEO de DCA Africa</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Amath Dansokho, si tu revenais aujourd’hui&#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Aug 2026 18:49:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Hommage à Amath Dansokho, ancien Secrétaire général du Pit/Sénégal, décédé le 23 août 2019 Amath, Sept ans déjà que tu nous as quittés. Pourtant, ton nom continue de résonner dans la mémoire politique du Sénégal. Tu avais consacré une grande partie de ta vie au combat pour la liberté, la justice sociale, la démocratie et [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Hommage à Amath Dansokho, ancien Secrétaire général du Pit/Sénégal, décédé le 23 août 2019</p>
<p>Amath, Sept ans déjà que tu nous as quittés. Pourtant, ton nom continue de résonner dans la mémoire politique du Sénégal. Tu avais consacré une grande partie de ta vie au combat pour la liberté, la justice sociale, la démocratie et la dignité humaine.</p>
<p>Tu étais un homme de convictions, mais surtout un homme qui acceptait de payer le prix de ses convictions. Ainsi, chaque 23 août, nous pensons à toi avec une émotion particulière. Et je me pose une question qui peut paraître provocatrice, mais qui mérite d’être posée.</p>
<p>Si Amath Dansokho revenait aujourd’hui au Sénégal, que penserait-il de notre classe politique et de notre nouvelle génération de dirigeants ?</p>
<p>Je crains qu’il ne soit profondément déçu. Non pas parce que le Sénégal serait condamné. Non pas parce que tout serait mauvais. Mais parce que beaucoup de ceux qui exercent aujourd’hui le pouvoir semblent parfois avoir oublié que la politique devrait d’abord être un service rendu au Peuple. Tu avais une autre conception de la politique. Pour toi, faire de la politique ne signifiait pas seulement conquérir le pouvoir.</p>
<p>Cela signifiait défendre une conception de la société. Tu te définissais comme «un homme libre, toujours en quête de plus de liberté et de justice sociale». Cette phrase résume une philosophie politique qui semble aujourd’hui plus nécessaire que jamais. Tu avais compris très tôt que la liberté politique n’a de sens que lorsqu’elle permet aux citoyens de vivre dans la dignité.</p>
<p>Tu défendais les travailleurs, les paysans, les jeunes, les plus faibles et tous ceux qui ne disposent pas des moyens de se faire entendre. Tu étais profondément attaché à la souveraineté nationale, à l’indépendance, à la démocratie et à la justice sociale.</p>
<p>Tu avais également une qualité devenue rare dans la politique contemporaine : la capacité de rester fidèle à ses principes tout en sachant dialoguer avec ceux qui ne pensaient pas comme toi. Ton salon avait ainsi accueilli des responsables politiques de sensibilités très différentes.</p>
<p>C’est notamment dans cet esprit de rassemblement que se sont construits le Pôle de gauche puis la Coalition Alternance 2000 et enfin le Front pour l’alternance (Fal) Tu savais que les grandes transformations nationales ne se  construisent pas dans l’arrogance, l’exclusion ou le culte d’un homme.</p>
<p>Si tu revenais, tu serais probablement inquiet. Tu observerais certainement notre pays avec attention. Tu verrais une démocratie qui a connu de grandes avancées, mais aussi des tensions préoccupantes. Tu constaterais que les rapports entre pouvoir et opposition restent marqués par la méfiance et la confrontation.</p>
<p>Tu verrais une classe politique qui peine encore à placer l’intérêt national au-dessus des intérêts partisans. Tu constaterais surtout que le débat politique s’est parfois transformé en affrontement permanent, où l’invective prend la place de l’argument et où la fidélité à un camp tend à remplacer la fidélité aux principes.</p>
<p>Et, tu serais probablement déçu de constater que certains responsables qui prétendaient incarner une nouvelle manière de faire de la politique reproduisent parfois les mêmes travers qu’ils dénonçaient hier. Tu nous demanderais certainement : Où est passé le «projet» de Pastef ? Où est la justice sociale ?</p>
<p>Où est le respect de la parole donnée ? Où est la culture du dialogue ? Où est la responsabilité devant le Peuple ? Le changement de régime avait suscité beaucoup d’espoir. Une grande partie de la jeunesse sénégalaise avait cru à la possibilité d’une rupture profonde avec certaines pratiques anciennes. Elle espérait une gouvernance plus sobre, plus transparente, plus démocratique et davantage orientée vers la transformation économique et sociale du Sénégal.</p>
<p>Mais, depuis l’arrivée du nouveau régime, plusieurs errements ont progressivement nourri le doute. Les tensions répétées entre l’Exécutif et le Législatif, les controverses autour des fonds politiques et des fonds spéciaux, les conflits politiques internes, les affrontements verbaux entre responsables, les incertitudes sur certaines orientations économiques et sociales et la difficulté à construire un véritable consensus national donnent parfois l’impression d’un pouvoir qui peine à transformer la promesse de rupture en méthode durable de gouvernement. Le plus préoccupant est peut-être le décalage entre l’immense attente populaire et les querelles politiciennes qui occupent une place excessive dans l’espace public.</p>
<p>Amath aurait certainement rappelé une vérité simple : le pouvoir n’est pas une récompense électorale. C’est une responsabilité historique. Et une victoire électorale ne donne jamais le droit d’oublier ceux qui ont permis cette victoire.</p>
<p>Amath n’aurait pas confondu fidélité et complaisance. C’est peut-être là l’une des plus grandes leçons que nous devons retenir de toi. Tu savais soutenir une cause sans renoncer à ton esprit critique. Tu savais participer à une coalition sans abandonner ton identité.</p>
<p>Tu savais entrer dans un gouvernement sans renoncer à ta liberté de parole. Ton parcours l’a montré. Tu as combattu Senghor. Tu as combattu Abdou Diouf. Tu as contribué à l’Alternance de 2000. Tu as ensuite combattu certaines dérives du régime de Abdoulaye Wade, notamment lors de la mobilisation du 23 juin 2011.</p>
<p>Plus tard, tu as accompagné Macky Sall tout en gardant ta capacité de critique. Voilà la différence entre un militant de conviction et un militant de circonstance. Pour toi, soutenir un gouvernement ne signifiait jamais lui donner un chèque en blanc. Ce que notre époque semble avoir le plus perdu, c’est peutêtre la dimension éthique de la politique. Tu avais tes convictions idéologiques.</p>
<p>Tu étais marxiste, homme de gauche, militant du Pit. Mais ton engagement dépassait largement les frontières de ton parti. Tu avais compris qu’un homme politique peut défendre une idéologie tout en restant profondément attaché à la République.</p>
<p>Tu étais réputé pour ton intégrité, ta générosité, ton refus de la servilité et ton attachement aux intérêts des populations. Tu n’aimais pas les glorifications personnelles. Ceux qui t’ont connu rappellent même que tu redoutais les hommages qui pouvaient transformer les hommes politiques en icônes intouchables. C’est pourquoi ton véritable hommage ne consiste pas à dire que tu étais parfait. Il consiste à rappeler ce que tu représentais. Que reste-t-il de ton héritage ? Il reste une exigence.</p>
<p>L’exigence de ne jamais accepter l’injustice comme une fatalité. L’exigence de défendre les plus faibles. L’exigence de placer l’intérêt national au-dessus des intérêts individuels. L’exigence de respecter les institutions. L’exigence de préserver la liberté de pensée. L’exigence de savoir dialoguer avec son adversaire. L’exigence, enfin, de comprendre que le pouvoir passe mais que les actes restent.</p>
<p>Aujourd’hui, beaucoup parlent de souveraineté. Mais tu nous rappellerais certainement que la souveraineté ne peut pas être seulement un slogan. Elle doit se traduire par une économie productive, une école performante, une agriculture forte, une jeunesse formée, une justice indépendante, des institutions solides et une véritable justice sociale. Amath, ton absence se fait sentir.</p>
<p>Sept ans après ta disparition, le Sénégal a besoin de retrouver cette politique de conviction. Il a besoin de femmes et d’hommes capables de dire non à leur propre camp lorsque l’intérêt national l’exige. Il a besoin de dirigeants qui acceptent la contradiction.</p>
<p>Il a besoin d’une opposition capable de proposer et non seulement de dénoncer. Il a besoin d’un pouvoir capable d’écouter et non seulement de gouverner.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il a besoin d’une nouvelle culture politique fondée sur le dialogue, la responsabilité, la compétence, la probité et le respect du citoyen.</p>
<p>Si tu revenais aujourd’hui, Amath, tu serais peut-être déçu par certains de nos dirigeants. Mais je suis certain d’une chose. Tu ne renoncerais pas. Tu reprendrais ton bâton de militant. Tu retournerais à la rencontre des travailleurs, des jeunes, des paysans, des intellectuels et de tous ceux qui espèrent encore.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Tu nous rappellerais que la politique n’est pas une carrière. C’est un engagement. Tu nous rappellerais que la victoire électorale n’est pas une fin. C’est le début d’une responsabilité. Et surtout, tu nous dirais probablement que le Sénégal mérite mieux que les querelles de personnes, les ambitions individuelles et les calculs politiciens.</p>
<p>Il mérite une politique à la hauteur de son histoire. Amath, tu es parti le 23 août 2019. Mais ton combat, lui, n’est pas mort. A nous maintenant de faire vivre ton héritage. Repose en paix, Camarade Amath Dansokho. Que le Sénégal se souvienne de ton combat.</p>
<p>Et que ceux qui prétendent le diriger se souviennent toujours que le pouvoir appartient au Peuple et que l’Histoire finit toujours par demander des comptes.</p>
<p>Amadou MBENGUE dit Vieux</p>
<p>Secrétaire général de la Coordination départementale de Rufisque</p>
<p>Membre du Comité central et du Bureau politique du Pit/Sénégal</p>
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